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1001 GRAMMES

Un film de Bent Hamer

Délicieusement décalé

Marie est une scientifique norvégienne qui travaille dans un étrange laboratoire, où l'on mesure des tas de chose. Alors que son père, chargé annuellement d'évaluer le poids du kilo étalon norvégien, est victime d'un infarctus, elle est chargée de se rendre à sa place à la conférence annuelle...

L'auteur norvégien Bent Hamer nous livre une nouvelle fois un de ces scénarios barrés dont il a le secret. Après l’abscons « Eggs », la confrontation d'un mesureur de cuisines et d'un habitant dont il est le parasite dans le formidable « Kitchen stories », le parcours inattendu d'un cheminot fraîchement retraité dans « La Nouvelle vie de Monsieur Horten », voici que ses obsessions se portent cette fois-ci sur le « kilo » de référence. Prenant comme prétexte l'organisation annuelle d'une « conférence du kilo », il s'amuse à perturber la vie bien bien rangée d'une chercheuse norvégienne, obligée de se rendre en France, et de sortir de sa routine.

Ouvrant son film sur le caractère géométrique du pays de son héroïne (parking avec voitures toutes de la même couleur, pistes de saut à ski, vues sur des lotissements identiques...), il signifie ainsi la sagesse et la caractère bien réglé de sa vie. Et c'est bien entendu avec une rencontre inattendue, que sa vie va commencer à changer, le personnage s'éveillant à nouveau peu à peu, à un monde plus chaotique et plein de surprises.

Gentiment romantique, « 1001 grammes » amuse par l'incongruité du décalage entre ses personnages scientifiques barrés et le monde qui les entoure. Quand certains des collègues de l'héroïne tentent d'étudier la déviation du rebond des boules de loto, ou que ses confrères de tous pays s'extasient sur « la mère de tous les kilos », elle, est chargée de contrôler l'exactitude des balances de pesée de jockeys (sic!). Mais le summum de l'humour nordique est certainement atteint lors du gag récurrent du passage à la douane, mettant face à face méticulosité et rigueur autour d'un objet précieux mais étrange, et incrédulité des douaniers, virant à une certaine inquiétude. Une nouvelle comédie venue du Nord, aussi séduisante que finement drôle. À découvrir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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