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Martin Scorsese

Réalisateur - Interprète

Martin Scorsese est né de parents d’origine sicilienne en 1942 à New York, ville qui le verra grandir et qu’il portera amoureusement sur les écrans. Il passe plus particulièrement son enfance dans le quartier de Little Italy, où le jeune Martin, asthmatique, se tourne davantage vers la lecture et le cinéma. Inspiré par ce média, il fréquente les cours de ciné de la Tisch School of the Arts où il obtient une maîtrise en réalisation cinématographique en 1966.

Bien sûr, ses débuts derrière la caméra seront largement inspirés par sa propre vie : "Who's That Knocking at My Door" (1967) et "Mean Streets" (1973). Acclamé par la critique, ce dernier marquera également une rencontre capitale dans la vie du cinéaste : celle avec l’acteur Robert De Niro qui va devenir son alter ego. Francis Ford Coppola, qui repère Scorsese, lui ouvre les portes des majors et le jeune réalisateur se lance, en 1975, dans un grand film "Alice n'est plus ici" qui lui amène son premier succès public et permet par ailleurs à Ellen Burstyn, star du long métrage, de décrocher l’Oscar de la meilleure actrice.

L’année suivante, le succès pour Scorsese ne se dément pas avec un nouveau film mettant en scène son acteur fétiche dans "Taxi Driver", un drame sur la réinsertion difficile des anciens soldats de la Guerre du Vietnam. En 1976, ce film est couronné de la Palme d'or lors du 29e Festival de Cannes ! De Niro et lui ne se quittent plus et enchaînent les films : d’amour avec "New York, New York", de boxe avec "Raging Bull" (Oscar du meilleur acteur pour Bob), et enfin de satire sociale avec "La Valse des pantins" (son plus petit score au box-office).

De 1985 à 1990, Scorsese expérimente son cinéma avec d’autres comédiens laissant De Niro découvrir les univers de Terry Gilliam ("Brazil"), de De Palma ("Les Incorruptibles") ou Roland Joffé ("Mission"). Scorsese embarque Griffin Dunne et Rosanna Arquette dans "After Hours" en 1985 et l’année suivante Tom Cruise et Paul Newman dans "La Couleur de l'argent" (Oscar du meilleur acteur pour ce dernier). Enfin, et alors qu’à 14 ans il se destinait à une vie religieuse – il a notamment été ordonné prêtre pendant un an –, Martin Scorsese entreprend de mettre en images un projet qui lui tient particulièrement à cœur : filmer Jésus Christ ! Il se consacre ainsi à l’adaptation du roman de Níkos Kazantzákis "La Dernière tentation du Christ". Le film éponyme fait scandale avant même sa sortie montrant Jésus abandonnant son statut de prophète par amour pour Marie-Madeleine. De vives manifestations ont lieu et des intégristes catholiques font tout pour bloquer la sortie du film, jugé blasphématoire. Lorsque le long métrage sort sur les écrans, des salles de cinéma sont même incendiées comme celle de l’Espace Saint-Michel à Paris.

En 1990, Scorsese retrouve De Niro pour le film de gangsters "Les Affranchis" qui a failli être classé X à sa sortie, puis le fait jouer dans son thriller "Les Nerfs à vif", sorti en 1991, avant de lui confier, en 1995, un nouveau rôle de gangsters dans "Casino". Ce film marque la 8e et dernière collaboration entre les deux hommes. Ces trois longs métrages constitueront trois succès dans leur filmographie respective, sans compter qu’ils apporteront un Oscar du meilleur second rôle pour Joe Pesci dans "Les Affranchis" et un Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique (en plus d’une première nomination à l'Oscar de la meilleure actrice) pour Sharon Stone grâce à "Casino".

Entre temps, en 1992, il réalise son premier film en costumes "Le Temps de l'innocence" avec Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer et Winona Ryder. Salué par la critique et le public, le film obtient plusieurs nominations aux Oscars mais n’obtiendra que celui des Meilleurs costumes. Retour à la spiritualité, en 1997, avec "Kundun" qui traite de l’épopée du 14e Dalaï-lama depuis son enfance au Tibet jusqu'à sa fuite en exil. Dans "À tombeau ouvert", il donne le premier rôle à Nicolas Cage qui se met (magnifiquement) dans la peau d’un ambulancier tourmenté dans son quotidien par la vie et la mort.

Petite pause pour le réalisateur qui se voit offrir la présidence du jury du Festival de Cannes 1998. Ironie de l’histoire, on se souviendra moins de la Palme d’or décernée au film grec "L'Éternité et Un Jour" de Theo Angelopoulos que de la remise du Grand Prix à Roberto Benigni pour le film "La vie est belle", ce dernier n’hésitant pas à se jeter aux pieds de Scorsese puis à le soulever de joie pour le remercier !

En 2002, Scorsese retrouve la grosse pomme mais dans un décor inédit : celui du 19e siècle avec les premières guerres de clans dans son flamboyant "Gangs of New York". 2002, c’est donc aussi le début d’une nouvelle collaboration avec un nouvel acteur : Leonardo DiCaprio. Ils se retrouvent dans les trois films de fiction suivants : "Aviator" en 2004, sur Howard Hughes (Oscar du meilleur second rôle pour Cate Blanchet) ; "Les Infiltrés", en 2006, qui fera un carton à travers le monde (plus gros succès scorsesien à ce jour tandis qu’il lui apportera – enfin – les statuettes dorées tant convoitées : les Oscars du Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario adapté et Meilleur montage) ; et "Shutter Island" en 2010.

En 2011, Scorsese déclare sa flamme pour le 7e art en réalisant "Hugo Cabret" sur la vie de Georges Méliès, son premier film en 3D et destiné aux enfants. La magie opère et le film lui vaut son troisième Golden Globe du meilleur réalisateur. Son dernier film "Le Loup de Wall Street" retrouve l’univers noir et de débauche de ses premiers et représente la 5e collaboration avec l’acteur Leonardo DiCaprio. Encore 3 pour égaler celles avec De Niro !

Le saviez-vous ?

Martin Scorsese est également un grand passionné de musique et aime la filmer pour le petit comme pour le grand écran. En 1978, sort sur les écrans, après deux ans de travail acharnés, "La Dernière valse" un documentaire sur le dernier concert du groupe "The Band" mené par Robbie Robertson.
En 1987, c’est lui qui réalise le clip vidéo ultra célèbre de 18 minutes de la chanson "Bad" du chanteur Michael Jackson. En 2005, il met en scène le documentaire "No direction home : Bob Dylan" de 3h28 sur les années de 1961 à 1966 du chanteur folk Bob Dylan. En 2008, il réalise une captation d’un concert des Rolling Stones qui sortira sur les écrans sous le nom de "Shine a Light". Enfin, il consacre un documentaire à l’ancien Beatles George Harrison "Living in the Material World" grâce à l’aide précieuse d’Olivia Harrison, la deuxième épouse du guitariste.

Filmographie sélective

2013 : Le Loup de Wall Street
2011 : Hugo Cabret
2010 : Shutter Island
2006 : Les Infiltrés
2004 : Aviator
2002 : Gangs of New-York
1999 : A tombeau ouvert
1997 : Kundun
1995 : Casino
1993 : Le Temps de l'innocence
1991 : Les Nerfs à vif
1990 : Les Affranchis
1988 : La Dernière tentation du Christ
1986 : La Couleur de l'argent
1985 : After hours
1983 : La Valse des pantins
1980 : Raging Bull
1977 : New York, New York
1976 : Taxi Driver
1974 : Alice n'est plus ici
1973 : Mean Streets
1972 : Bertha Boxcar
1967 : Who's that Knocking at My Door

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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