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INTERVIEW

ENQUETE (L')

Tom Tykwer

Journaliste:
Quand vous avez tourné, il n’y avait pas encore de crise financière…

Tom Tykwer:
On n’a pas créé la crise… (rires).

[Cris dans la salle demandant que le réalisateur réponde dans sa langue natale, l’allemand. Lui affirme qu’il s’agit d’un festival interna…

© Sony Pictures Releasing France

Journaliste:
Quand vous avez tourné, il n'y avait pas encore de crise financière...

Tom Tykwer:
On n'a pas créé la crise... (rires).

[Cris dans la salle demandant que le réalisateur réponde dans sa langue natale, l'allemand. Lui affirme qu'il s'agit d'un festival international et qu'il répondra principalement en anglais.]

L'idée de départ était qu'une banque devait représenter le vilain. Celà me paraissait exotique, de quoi faire un bon film de paranoïa. Aujourd'hui, on ne va pas dire qu'on accueille la crise avec plaisir. Mais du coup, cela éclaire le sujet du film d'une certaine manière... En fait, on a commencé à travailler sur ce projet il y a 6 ans... et les producteurs, eux, il y a 8 ans. Le but n'est pas de diaboliser toutes les banques, celle-là est en lien avec le crime organisé. Et par rapport à la crise, on est tous dans le même bateau...

Ici, on voulait surtout se concentrer sur le genre, faire un thriller. Les films qui nous ont servi de modèle, devaient évoquer un système à l'intérieur d'un système, la CIA... mais aussi les parties prenantes d'un système financier obscure, mais dont les agissements se répercutent sur notre quotidien.

Journaliste:
Il y a une certaine ressemblance physique avec votre acteur, Clive Owen. En quoi le film est personnel ?

Tom Tykwer:
C'est amusant, on m'avait fait la même remarque pour « Le parfum »... Je n'ai jamais voulu être mon personnage. En fait, quand on est à la recherche d'un personnage, certes il y a de l'identification inconsciente, mais on cherche surtout à projeter ses idées. Et puis un film ne représnete pas que le vision du réalisateur, mais de toute l'ééquipe.

Journaliste:
Vous avez une filmographie très variée, faite de différents genres et concepts...

Charles Roven:
En fait... il est important que le personnage principal me ressemble... (rires). Mais non, c'est plutôt l'intensité du personnage principal qui m'intéresse, comment il lutte face à un système. On peut comparer Lola (de « Cours Lola Cours ») et Salinger (de « L'enquête »)... elle n'accepte pas certains règles, tout comme lui. Dans le fond, je me moque du genre, ou j'adore être transporté dans différents univers.

Journaliste:
Comment s'est passé le tournahge à Istanbul ?

Clive Owen:
Istanbul était le seul endroit que j'avais visité avant. C'était un endroit que je voulais montrer à Tom, J'y pensait pour la fin: le grand bazar, les dédales d'escaliers sur les toits... En fait, c'est la première scène qu'on a tourné... et c'était bizarrement très difficile... Ca nous a valu de très longues journées.

Journaliste:
« L'enquête » c'est un grand changement dans votre carrière. Vous voudriez faire plus de grands films aux USA ?

Tom Tykwer:
On ne choisit pas vraiment les films quant à leur envergure. C'est plus une atmosphère, une promesse d'expérience. Je me fout du budget ou de l'endroit où on tourne. On a une image dans la tête et le film se développe autour. En fait, je viens juste de faire, cet hiver, un tout petit film en Afrique...

Journaliste:
Après « Children of men », vous devenez un peu un spécialiste de la survie...

Clive Owen:
Il y a peut-être quelques similarités. Mais j'ai surtout été attiré par un script qui était intelligent, rappellant les films des années 70. Et en même temps il était divertissant...

Journaliste:
Comment voyez-vous votre personnage ?

Armin Mueller Stahl:
Comment je me sent après ce rôle ? Pas différent, même si les gens m'ont vu jouer un méchant. Finalement, dans des discussions avec Jack Lemon (sur « 12.hommes en colère ») celui ci me disait que le métier d'acteur lui a permis de faire plein de choses, de se saouler, de casser des choses, et pour cela il n'a pas été puni mais récompensé... Il me demandait « et moi ? » Moi, non, j'ai souvent été assassiné...

Tom Tykwer:
Je précise qu'il ne joue pas ici un banquier, mais un consultant, certes particulier...

Journaliste:
Le film change de direction à cause de Armin ?

Tom Tykwer:
La séquence du Guggenheim, étonnement n'est pas à la fin du film... et on se demande forcément ce qui va se passer après... On était dans une impasse... mais le film n'est pas fini, et c'est en effet le personnage d'Armin fait changer le film de direction. Bien sûr la discussion entre les deux personnage est très signifiante du concept du film, mais c'est surtout l'opposition entre deux visions de la société et de la justice qui s'opposent là. Les deux côtés réalisent que le milieu n'est pas facile à trouver...

Journaliste:
Il y a beaucoup de langues différentes dans le film...

Tom Tykwer:
Oui, parce qu'on voulait montrer des activités qui ont lieu en même temps partout. Ca rejoint l'idée du film, concernant la mondialisation des actions, qui s'influencent les unes les autres. Dans la société moderne, on change de langue de plus en plus vite... sans se soucier de la culture...

Journaliste (danois):
Pourquoi le méchant est-il danois ?

Tom Tykwer:
Le Danemark n'est connu que pour ses contes de fées excellents... Il est important qu'il y ait une régularité dans les personnages... Ulrich m'est venu à l'idée, car nous voulions quelqu'un qui n'ai pas l'air complètement méchant... mais plutôt pragmatique. Il est de la même génération que Clive. Et j'aimais l'idée de le voir avec une famille parfaite, dans une maison idéale... où il est capable de faire fi de ses activités peu morales.

Journaliste:
On vous a souvent comparé à Pierce Brosnan. Est-ce que Salinger une sorte de James Bond ?

Clive Owen:
Il est prêt à aller loin. Il a un côté héros par son approche du bien et du mal. Et il n'a pas grand chose à perdre dans sa vie...

Tom Tykwer:
Mais d'évidence c'est un héros vulnérable...

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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