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INTERVIEW

ZIM AND CO

Le premier titre du film, « La caisse » ne sonvenait pas. Car selon Pierre Jolivet, cette voiture, indispensable pour obtenir un travail, n’était qu’un prétexte pour parler de personnes. Il fallait donc mettre les gens en avant, dans le titre aussi, d’où « Zim and co ». De plus « La ca…

© Patrice RICOTTA

Le premier titre du film, « La caisse » ne sonvenait pas. Car selon Pierre Jolivet, cette voiture, indispensable pour obtenir un travail, n’était qu’un prétexte pour parler de personnes. Il fallait donc mettre les gens en avant, dans le titre aussi, d’où « Zim and co ». De plus « La caisse » aurait forcé à justifier ou expliquer s’il s’agissait d’une caisse enregistreuse, ou d’une voiture.

Le souhait de son père, selon Adrien Jolivet, était de montrer une vision d’une banlieue moins agressive qu’à l’hbaitude. Pierre Jolivet précise que l’idée lui est d’ailleurs venue d’une interview d’une femme, membre de « ni putes ni soumises », qui expliquait qu’elle en avait marre des clichés sur les frères qui vous tirent par les cheveux pour vous remettre dans le droit chemin religieux. Lui, a voulu montrer des gens qui vicotent, c’est à dire la débrouille au quotidien, celle qui n’intéresse pas les grands médias.

Il précise alors qu’en conséquence, il lui a été très difficile de monter le film. Un film, avec des copains, comme une famille (« and co ») cela est vendeur, mais un film sur la banlieue, sur des gens qui ont 20 ans, c’est totalement différent de « Ma petite entreprise ». Le tournage a quand même pu avoir lieu, à Aubervilliers. Pierre Jolivet était conscient que ce n’est pas parce qu’on y a donné un coup de poignard en deux ans, image qui colle à la peau, qu’on n’y vit pas pour autant ensemble. Il a donc souhaité que le tournage ait lieu sans services de police. Et il n’y a eu aucun problème pendant les 8 semaines en question, l’auipe faisant rapidement partie du décors.

Son comédien, Adrien Jolivet est filmé comme un héros des années 50, un jeune premier. Son père est conscient que cette image du héros est très vendeuse, le film ayant d’ailleurs été acquis dans des pays inattendus tels que le Brésil ou l’Inde. Naidra Ayadi trouve que le film ressemble aux gens qu’elle connaît ou vois tous les jours, comme à elle même. Elle a eu beaucoup de liberté dans son rôle, et apprécie que le scénario n’ai pas d’aspect revendicatif ou n’applique pas de principe de discrimination positive. Pierre Jolivet précise que ses personnages agissent comme dans la vraie vie. « A cet âge là, les familles sont comme des hôtels ou des restaurants » qu’on rejoint de temps à autre, quand on en a besoin. Il a au passage joué lui même le rôle du père d’Adrien, car cela l’amusait. Mais il a aussi gardé des rôles pour les membres de son équipe, comme il a l’habitude de le faire à chaque film. Parmis ses 40 personnages secondaires, une vingtaine revêt un aspect important, comme celui de l’horrible inspectrice de permis de conduire. Cela lui donne toujours beaucoup de plaisir.

L’écriture du scénario s’est déroulée par le biais de renvois successifs entre Pierre et Adrien, jusqu’à ce que ce dernier lui renvoie un mail, indiquant que « ça y est, vous savez parler jeun’s ». Les autres acteurs en ensuite été consultés, pour donner leur avis. Ce qui l’a le plus frappé, dans cette génération, c’est la capacité à se moquer les uns des autres, sans arrières pensées. D’un « le renoi », au « nian » (le nain), les gros mots y sont banalisés. Ils ont, dans l’écriture, su trouver un juste milieu entre les propositions des acteurs, très centrées sur l’argo, et celles des plus âgés. Pierre Jolivet indique avoir tout de même laissé quelques phrases peu compréhensibles et « jeunistes », qualifiant la notion de « juste milieu » de « plus nulle part » si on l’applique vraiment.

Pour lui, la vingtaine est un âge à part, une sorte de paranthèse dans la vie ammoureuse, où l’on est obligé de gérer des problèmes d’argent et de travail, pour la première fois. Ainsi, ce qui le frappe également, c’est la manière, assez viloente, dont on leur annonce une future galère, ceci dès l’école, sans pour autant leur donner de billes pour s’en sortir. Mais 20 ans est aussi un âge exhaltant et angoissé. Il revendique le fait que son film est à cette image, un instant de la vie, à un moment donné, et pas du tout un film générationnel.

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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