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INTERVIEW

THERE WILL BE BLOOD

Journaliste:
Sans que vous ayez été malade, ce film n’aurait pas vu le jour…

Paul Thomas Anderson:
Ce film est avant tout l’adaptation d’un roman, écrit en 1927, auquel je voulais simplement emprunter des idées au départ. Lorsque j’étais malade, à Londres, je l’ai en effe…

© Walt Disney Pictures France

Journaliste:
Sans que vous ayez été malade, ce film n'aurait pas vu le jour...

Paul Thomas Anderson:
Ce film est avant tout l'adaptation d'un roman, écrit en 1927, auquel je voulais simplement emprunter des idées au départ. Lorsque j'étais malade, à Londres, je l'ai en effet déniché dans une petite boutique. Dans l'introduction du livre, il est question de vacances au cours desquelles on découvre du pétrole à Long Beach. Puis il y a les discours des « drealers » (forreurs) devant des communautés avec lesquelles on essaye de s'entendre pour un deal. Mais l'auteur ma paru finalement plus intéressé par la politique que par ses personnages...

Pour l'adaptation, je n'aurais pas pu m'en sortir tout seul, même si par exemple, le discours d'ouverture du film est exactement celui du livre. L'ouvrage faisait près de 500 pages et parcourait aussi bien la révolution russe que des sous intrigues à Washington...

Journaliste:
Comment les acteurs se sont-ils préparé à leurs rôles?

Daniel Day Lewis:
C'est le genre de question à laquelle je ne sais jamais répondre. Je peux dire cependant que j'avais déjà travaillé sur « The ballad of Jack and Rose » avec Paul. Dans ce genre de rôle, qui demande des collisions de la sorte, on pourrait facilement se tromper. On doit quand même créer un travail en commun et faire confiance à l'autre.

Paul Dano:
Je ne me sens jamais assez préparé. Ici il s'agissait de libérer un certain aspect animal. Il fallait donc que je me lâche face à eux deux, et c'était difficile. Côté préparation physique, il n'y a rien eu de spécial...

Journaliste:
Avec ce film, vous changez radicalement de style...

Paul Thomas Anderson:
Je ne sais pas si c'est un compliment?...

Daniel Day Lewis:
Il a choisit une façon spécifique de raconter cette histoire. Mais le travail est certainement le même que pour ses autres films. Ici aussi, on sent oppressé...

Journaliste:
Comment avez-vous choisi ce rôle?

Daniel Day Lewis:
J'ai toujours cette même impression que la décision se prend « au delà de moi ». Je me sens attiré ou non dans l'orbite d'un monde, par la vision d'un autre homme. Je n'ai pas de coach, comme Paul. J'ai une approche assez conventionnelle, et pour le script de Paul, les choses se dessinaient petit à petit, on ne pouvait pas y échapper...

Journaliste:
Concernant la Bande originale, elle personnifie bien le pouvoir...

Paul Thomas Anderson:
La grande majorité a été écrite après le tournage. Mais j'avais déjà l'idée de l'instrumentation, qui m'a du coup un peu guidé...

Journaliste:
On peut voir dans le film quelques parallèles avec la situation mondiale actuelle...

Paul Thomas Anderson:
Au départ, je voulais éviter les parallèles. Mais forcément le pétrole et la religion sont au coeur des préoccupations du moments.

Daniel Day Lewis:
Mon personnage est à la fois modeste et arrogant. Dans la société, il est difficile d'enseigner Dieu et les affaires en même temps.

Journaliste:
Pourquoi cette fin?

Paul Thomas Anderson:
J'avais vu la photo de ce bowling privé. Cela me paraissait une belle parure. On a retrouvé la demeure et on l'a restauré, en lui rendant son lustre originel...

Journaliste:
Finalement ce personnage, il est un peu en chacun de nous...

Daniel Day Lewis:
Oui, il est en tout le monde. Mais je me suis un peu senti désolé pour lui...

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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