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INTERVIEW

JE VAIS BIEN, NE T'EN FAIS PAS

Selon Philippe Lioret, son film ne verse pas totalement dans le mélo. Certes il opère un certain glissement de la comédie vers une mélancolie retenue, mais c’est comme pour Kad, « derrière le masque de clown on découvre un homme profond ». « Mademoiselle » était déjà un film romantique, et il a…

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Selon Philippe Lioret, son film ne verse pas totalement dans le mélo. Certes il opère un certain glissement de la comédie vers une mélancolie retenue, mais c'est comme pour Kad, "derrière le masque de clown on découvre un homme profond". "Mademoiselle" était déjà un film romantique, et il avoue plutôt rechercher à exprimer "tout ce qu'on aurait pu faire et que l'on a pas fait", chose à laquelle il pense lui-même tous les matins.

Alors qu'il était en plein tournage de "L'équipier", il a entendu l'auteur du livre parler à la télévision. C'est plus le fond de l'histoire, que la forme très littéraire qui l'a amené à chercher une manière de l'adapter. Le livre est très noir et il voulait s'éloigner de cette noirceur en s'intéressant aux pudeurs de chacun, tout en développant tout de même une intrigue.

Interrogé sur le sujet du film, il parle de l'orgueil d'un père et de sa prise en compte de la médiocrité de sa vie. Il ne s'agit pas selon lui d'un film sur le refus du deuil, car après leurs premiers mensonges, les parents, n'ayant pas prévu la réaction de leur fille, sont obligés d'aller plus loin et de tenter de donner l'apparence de la normalité. Ce n'est pas non plus un film sur la dépression, mais simplement l'expression de ce qu'un manque peut finalement apporter à un être.

Au fond, il avoue qu'il y a toujours dans ce genre de film "un fil qu'on peut tirer, quelque chose qui vous ramène à votre vie". Il affirme d'ailleurs qu'il est intéressant de voir le film une deuxième fois, car on peut observer plus finement le comportement des parents. Mais il ne veut pas en dire plus de peur de déflorer l'histoire.

Côté interprétation, selon Julien Boisselier, l'apparente complémentarité entre les acteurs ne dépend pas de ces derniers. C'est le metteur en scène qui a su choisir des gens qui appartiennent au même terreau et qui fait sa tambouille. Mélanie Laurent ajoute que tous ont été emballés à la lecture du script car ils y ont décelé des êtres humains. Ils avaient ainsi l'envie de "jouer pour l'autre" même quand ils n'étaient pas face caméra. Et le tournage s'est ainsi bien passé, car "il n'y a rien de plus pénible qu'un acteur qui donne la réplique hors champ sans tout donner".

Interrogé sur son caractère séduisant dans tous ses rôles, Julien Boisselier affirme qu'il n'a pas conscience de ce qu'il dégage et qu'il n'aime pas toujours le résultat de son travail. Ce à quoi rétorque Philippe Lioret en affirmant qu'il a choisi un acteur qui devait être sympathique pour pouvoir incarner son énergie vitale à elle. "Julien est la partie optimiste du film" et c'est là le mot de la fin.

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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