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INTERVIEW

ABANDONNEE

C’est dans le salon du grand hôtel de Gérardmer que Nacho Cerda passe de table en table pour donner des interviews à la presse écrite, radio… C’est maintenant le tour de la presse internet.

Journaliste:
Vous avez réalisé des courts métrages qui avaient la réputation d’être crue…

© Wild Side

C'est dans le salon du grand hôtel de Gérardmer que Nacho Cerda passe de table en table pour donner des interviews à la presse écrite, radio... C'est maintenant le tour de la presse internet.

Journaliste:
Vous avez réalisé des courts métrages qui avaient la réputation d'être cruels et violents. Votre film, lui, est plutôt atmosphérique...

Nacho Cerda:
Parce que vous trouvez que quelqu'un qui dit ne rien vouloir savoir sur le sort de sa mère, ça n'est pas viloent! Ici ce n'est pas le sang, le gore, qui crée l'angoisse, mais plutôt l'obsession de la famille unie...

Journaliste:
A-t-il été difficile de travailler avec une actrice « vivante »?

Nacho Cerda:
(rires) Cela fut un vrai plaisir. L'actrice était un vrai « trooper », elle sautait dans tous les sens. Malheureusement, nous n'avons pas pu tourner toutes les scènes, notamment celle de la poursuite sous l'eau, car elle avait des problèmes de tympans. Le tournage fut émotionnellement éprouvant pour elle.

Journaliste:
D'où est venue l'idée des dopplegangers?

Nacho Cerda:
Le doppelganger représente à la fois l'identité et la destinée. Cette idée n'est pas tellement nouvelle.

Journaliste:
Pourquoi avoir choisi la Russie?

Nacho Cerda:
En fait, le film a été tourné en Bulgarie. La Russie c'est un peu l'autre côté du monde occidental. Et je trouve que cela était assez signifiant: elle est vaste, obscure, perdue...

Journaliste:
Le travail sur le son est primordial dans votre film...

Nacho Cerda:
Oui. Il y a eu deux compositeurs différents sur le film. Un espagnol pour tout ce qui était orchestral. Et David Christen pour les atmosphères, éléments essentiels pour les effets. Cela a demandé 7 à 8 mois de montage, avec quelques compléments de tournages (les scènes avec les bébés...)

Journaliste:
Vous avez aussi beaucoup travaillé sur les coloris...

Nacho Cerda:
Je voulais un aspect « russe » avec une sensation d'organique. Nous avons fait des expérimentations avec Jimenez. Il fallait que les personnages soient perdus physiquement dans ce monde, cette maison. Qu'ils perdent leurs repères. J'ai pour cela regardé beaucoup de western et de films de Carpenter.

Journaliste:
La famille est sensée être un cocon rassurant. Mais les films espagnols récents en montrent plutôt les aspects négatifs...

Nacho Cerda:
Beaucoup de choses ont été amenées par Karim (co-scénariste). Il était partisan du fait que certains liens doivent être détruits, même quand on a plus de 30 ans. Le personnage principal a eu sa fille pour se sentir complète, car elle ne savait pas qui elle était, elle ne connaissait pas ses origines. C'était sa manière à elle de devenir mortelle. Finalement c'est sa fille qui fait directement la coupure à la fin, en voix off...

Journaliste:
Votre film a une réelle personnalité...

Nacho Cerda:
Je l'espère. C'est pour cela qu'on a pas besoin de faire des remake pour s'affirmer. Certains aiment l'esthétique de mon film, pas l'histoire. Mais chacun a besoin d'expérimenter le monde à sa façon. Cela m'a permi de construire ma propre personnalité. Je ne joue pas aux jeux vidéo, je ne met nullement de références à des films ou à la télévision, qui m'ont pourtant influencé de manière inconsciente...

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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