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YUKI, LE SECRET DE LA MONTAGNE MAGIQUE

Un film de Tadashi Imai

Épopée à hauteur d’enfant

Yuki, la petite fille du Dieu de la Neige, est envoyée sur Terre pour aider un petit village en proie à d’incessantes attaques de bandits. Elle a un an pour purifier ce village et faire couler sur lui le blanc manteau de la pureté. Aidée par une troupe d’enfants mendiants, elle va tenter de libérer les villageois des différents jougs auxquels ils sont soumis. Mais leur plus grand ennemi ne résiderait-il pas dans leur propre cœur ?

Yuki le secret de la montagne magique film animation

D’une facture très classique (il a été produit en 1981), "Yuki" et son animation japonaise traditionnelle détonne dans le paysage de l’animation contemporaine où la 3D numérique est reine. Ici, pas de numérique, mais différents plans tous animés à la main, où la nature est magnifiée, les mouvements sont fluides, les visages se libèrent de la contrainte réaliste et se déforment pour plus d’expressivité. Enfin, la palette de couleurs est très étendue et les éléments comme la neige et la fumée, épais et lourds, sont ici dotés d’une texture poétique et d’une vie toute particulière.

Pour tous les parents nostalgiques de l’animation manuelle et de son esthétique, "Yuki" est l’occasion de replonger, une fois l’écurie Ghibli épuisée, dans une fable à hauteur d’enfants qui voit une sorte de princesse courageuse faire face aux maux d’un monde qu’elle ne comprend pas. Sans chercher à sauver un peuple avec ses pouvoirs supérieurs, c’est en leur donnant le courage de s’exprimer, et de faire ressortir le meilleur en eux, que Yuki parvient à libérer les villageois de trois opposants successifs. Des opposants et non des ennemis, car le film a l’intelligence de ne pas sombrer dans un manichéisme simplificateur et montre des opposants, toujours plus intimes et plus complexes. Assez peu actrice, ou modèle, c’est en aidante plus qu’en héroïne qu’elle se pose. Ce qui est souvent rare dans les schémas narratifs à destination des enfants, qui ont plutôt tendance à simplifier les rôles narratifs et à créer des archétypes pour plus de lisibilité.

Visuellement très soigné, mais aussi ancré dans une époque, ce film, qui sort pour la première fois en France, saura ravir les nostalgiques et les amateurs, et peut-être titiller la curiosité de nouvelles audiences et pourquoi pas offrir aux nouvelles générations un aperçu de ce avec quoi leurs parents ont pu grandir.

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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