Parce qu'on en a jamais assez !

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Un film de Lukas Moodysson

Une sympathique comédie pré-adolescente

Lors de l'anniversaire de sa mère, Bobo reste à l'écart. Elle a plutôt honte du comportement de ces adultes qui lui sont si étrangers. Elle part alors dans sa chambre et appelle sa meilleure amie, Klara, qui en lui faisant entendre une dispute entre ses parents pour une histoire de lessive, lui prouve que les siens ne sont pas plus stables...

Découvert dans la section Orrizonti (Horizons) du Festival de Venise 2013, ce portrait de deux jeunes punkettes en pleine périodes d'affirmation de leur personnalité (elles désespèrent de l'attitude de leurs parents, se croient supérieures à tous ceux qui les rejettent mais qu'elles tiennent aussi sciemment à l'écart, et considèrent qu'offrir leur amitié est charitable...) s'avère plutôt séduisant, sans pour autant faire des étincelles.

Le réalisateur suédois de "Fucking Amal", absent des écrans depuis la présentation de l'ambitieux "Mammoth" à Berlin en 2009, reçu à l'époque très fraîchement, revient donc avec un film sympathique et sans prétention, traitant de la jeunesse. Dans un registre léger et nostalgique, il décrit l'affirmation de ces jeunes filles, collégiennes qui se réclament du mouvement contestataire punk en ce début des années 80, et entretiennent une amitié complice, envers et contre tous.

Avec un certain rythme, il s'attache dans un premier temps à leurs 400 coups, alors qu'elles s'amusent à foutre en l'air tout ce qui leur semble représenter les excès d'un système : construire une maquette de fusion de réacteur de centrale pour le cours de physique, jouer ensemble en sport collectif alors qu'elles ne sont pas dans la même équipe, ou encore voler l'heure de répétition d'un groupe d'ados qui ne leur plaît pas, pour pouvoir jouer d'instruments dont elles ignorent totalement le fonctionnement...

L'enjeu de cette histoire apparaît alors : monter un vrai groupe, en recrutant une blonde timide qui chante à merveille et joue de la guitare, et jouer sur scène leur chanson qu'elles ont intitulée « Je hais le sport », déclinée dans divers genres. L'occasion de conter avec un mélange de douceur et d'amertume, une enfance qui s'éloigne, teintée du rejet symptomatique des parents que l'on prend pour des fous, alors que les rivalités et les histoires de cœur adolescentes devant bientôt pointer leur nez. Apprenant à utiliser le système (la démocratie...), à faire la nique à des adultes dépassés (les deux animateurs pathétiques de la maison de quartier...), le trio de personnage fonctionne plutôt bien, porté par un trio de touchantes jeunes actrices.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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