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VIVIAN ET JOHNNY, LA LÉGENDE DE NASHVILLE

Un film de Matt Riddlehoover
Avec

L’amour bouleversant d’un musicien et de sa muse

Retour sur la romance entre Vivian Liberto et Johnny Cash, commencée à l’adolescence et mise à mal suite au succès de celui qui deviendra la légende Nashville…

Vivian et Johnny, La Légende de Nashville film documentaire documentary movie

Pour ceux qui sont plus cinéphiles que mélomanes, Johnny Cash prend généralement les traits de Joaquin Phoenix, leur imaginaire faisant référence au film culte "Walk the Line". Dans ce biopic de James Mangold, l’autre star était June Carter (Reese Witherspoon récompensée d’un Oscar pour le rôle), la pétillante blonde, amante du chanteur, qui faisait tout pour le sortir de ses addictions de drogue. Face à cette idylle, l’épouse du rocker, Vivian Liberto, apparaissait nécessairement sous un trait moins glorieux, probablement par facilité scénaristique. C’est en tout cas ce que déclare l’une des filles de Vivian au début de ce documentaire désirant réhabiliter la figure de la première femme de la légende de Nashville.

Composé de très nombreuses photos et vidéos familiales, ainsi que d’archives et de témoignages des quatre progénitures du couple, le film retrace l’histoire d’amour entre Vivian et Johnny, de ses débuts dans l’anonymat jusqu’à sa fin tragique exposée en une des journaux. Fervente catholique d’origine sicilienne, Vivian vivait à San Antonio, Texas, lorsqu’elle croise le regard du beau Johnny. Elle n’a que 17 ans, est lycéenne ; lui, est déjà un jeune cadet de l’US Air Force. Nous sommes alors dans l’Amérique des années 50, où les jeunes se déhanchent en roller en écoutant du swing dans des rades locaux. Le coup de foudre est immédiat, et même si le bellâtre doit servir en Allemagne durant quatre années, leur amour ne fléchira pas, renforcé par une relation épistolaire de plus de mille lettres.

Reposant sur un matériau originel d’une grande richesse, "Vivian et Johnny, La Légende de Nashville" souffre de sa construction très testimoniale, limitant le résultant à une interview croisée des quatre filles du couple. Si le contenu demeure intéressant, en particulier pour les fans de l’artiste, le métrage ne dépasse jamais son cadre télévisuel, justifiant ainsi son passage direct en VOD, sans passer par la case du grand écran. Souvent déchirant, parfois révoltant (notamment lorsque le débat sur sa couleur de peau a agité le pays à une époque où le mariage mixte n’était pas encore reconnu), le film est toutefois une chronique intime réussie d’un couple voué à se déchirer au fur et à mesure de l’agrandissement du gouffre entre les deux protagonistes. À défaut d’être transcendant, ce document esquisse le portrait poignant d’une femme forte et aimante plongée, contre son gré, dans l’ombre d’un homme rongé par ses propres excès.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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