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LA VIE SANS PRINCIPE

Un film de Anton Corbijn et Johnnie To

Le début de la crise selon Johnnie To

Un enquêteur un peu débordé, prend du temps pour chercher un appartement avec sa femme. Une employée de banque ne remplissant pas ses objectifs, tente de faire signer une vieille dame. L'homme de main d'un chef de clan des triades exécute un homme dans un parking...

Johnnie To aime à créer de complexes puzzles, dont on ne saisit pas d'emblée toutes les implications. Son « Life without principle » est doté d'une introduction sur un policier et sa femme, puis se découpe en une première partie sur une employée de banque qui risque de ne pas tenir ses objectifs, et une seconde sur les membres d'une triade, avant de terminer sur une conclusion qui relie le tout avec efficacité. Autour de ses trois personnages principaux, Johnnie To dessine ainsi sa vision de la crise et de l'individualisme grandissant, en décrivant leur relation à l'argent, qu'ils soient à la recherche d'un appartement (action qui vous force à vous endetter pour 30 ans), du côté des banques (qui prennent des commissions exorbitantes et arnaquent les gens dans le besoin) ou des gangsters (qui cherchent l'argent où il est).

La scène la plus impressionnante du film, n'est pour une fois pas l'une des scènes d'action. Ce n'est donc pas l'agression d'un usurier trop content de la crise internationale qui se profile, montrée de différents points de vue, mais celle à l'intérieur des bureaux de la banque. Le réalisateur hong-kongais y filme à la manière d'un thriller la manière dont l'employée de la banque tente de faire souscrire une pauvre grand-mère à des placements à risque. Mais l'auteur nous met en même temps face à notre propre comportement d'adeptes du capitalisme, moins soucieux de la sécurité de ses placements que de l'importance de leur rendement, à l'image de cette vieille dame, dont on profite tout de même de la faiblesse.

Johnnie To signe ainsi avec « Life without principle » un film élégant, conte doux-amer des arnaques d'un système dont les soubresauts n'épargnent personne, pas même les hors-la-loi. Il joue avec brio et cynisme des hasards qui font le piment de ses scénarios, se combinant pour toujours donner un final surprenant ou tout au moins bien peu moral. Réjouissant.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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