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LE VENT SE LÈVE

Un film de Hayao Miyazaki

L'ultime Miyazaki, entre manque de magie et émotion latente

Jiro est un jeune garçon passionné d’aviation, dont la myopie l’empêchera de devenir pilote, mais qui va s’attacher à devenir l’un des meilleurs ingénieurs en aéronautique. Lors d’un voyage en train, il fait la connaissance de Naoko, qu’il aidera lors d’un tremblement de terre, à rejoindre sa famille…

Le nouveau dessin animé du maître de l'animation japonaise, Hayao Miyazaki, est annoncé, depuis sa présentation au Festival de Venise, comme son dernier. Ayant pris sa retraite, l'auteur a en effet décidé de se consacrer à la marche à pieds, mais aussi à la création de bandes dessinées et à la réalisation de courts-métrages pour son fameux musée Ghibli. Reparti bredouille de Venise, son film n'en a pas moins connu un énorme succès au Japon, où il est sorti l'été dernier, avant de devenir le numéro un de l'année et de récolter près de 115 millions de dollars. Reste que cette œuvre, poétique et sincère, rendant hommage à ses parents, comme au génie mécanique de l'être humain, opte pour un réalisme qui laisse de côté une magie à laquelle les fans s'étaient habitués.

Portrait de Jiro Horikoshi, génie japonais de l'aviation, concepteur notamment du fameux chasseur « Zero » (le Mitsubishi A6M) qui fit la supériorité japonaise durant la seconde guerre mondiale, le film mêle une histoire détaillée des avancées aéronautiques (des sources d'inspirations du jeune homme aux collaborations inéquitables avec les allemands...), et rêves de grandeur, où il rencontre son idole, le Comte Caproni, et ses drôles de machines. Évitant au final le sujet de la guerre, il retrace cependant en filigrane, tout un pan de l'Histoire de son pays (le tremblement de terre de 1923, l'épidémie de tuberculose, la grande dépression...), faisant des années 30 une véritable toile de fond, riche en événements peu anodins. Reste que le film, à force de réalisme, souffre de quelques longueurs en début de deuxième heure, dans sa description des progrès mécaniques.

Heureusement, Miyazaki remet peu à peu sur le devant de la scène une tragique histoire d'amour, dont la simplicité et la finesse font jaillir l'émotion durant la dernière demi-heure. Occasion pour Miyazaki d'évoquer des éléments de la vie de ses parents, il magnifie la beauté de la rencontre, la douceur du réconfort et de la complicité du couple, ce récit prenant ici le pas sur les grandes envolées poétiques auxquelles il nous avait habituées. Résolument romanesque, bercée par un thème musical aux sonorités italiennes (toujours composé par Joe Hisaishi), cette œuvre d'une grande nostalgie vous prend néanmoins aux tripes, composant d'intelligentes variations autour de son message sur la nécessité de vivre pleinement, en slalomant entre les obstacles. Un message qu'exprime le titre lui-même, tiré d'une citation de Paul Valéry : « Le vent se lève, il faut tenter de vivre ».

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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