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URO

Un film de
Avec

Un film policier d’une rare intensité

Etrange de découvrir dans la section "un certain regard" du festival de Cannes, un film norvégien intitulé "Uro", à peine quelques semaines après la sortie d'un certain "Uno", de même nationalité, et comportant trois des acteurs principaux (le père de Mette, le héros policier infiltré, le dealer beur…). Il faut dire également que les thèmes abordés y sont très similaires, de la volonté et difficulté de faire le bien, à la nécessité de revenir dans le droit chemin.

Avec "Uro", Stefan Faldbakken entraîne son voyou devenu flic dans une spirale infernale, pavée d'excès qu’il connaît déjà. Il aborde de front la difficulté de l'homme à changer de nature, et l'oppose à une volonté farouche, qui ne peut que provoquer des explosions de violence. Son héros est lui aussi une figure christique, il a au plus profond de lui un désir de vengeance, lié au destin de sa mère, et se trouve malade de tant de malheur, blâmant l’alcool ou la drogue…

Le jeune acteur qui lui donne corps, Nicolai Cleve Broch, est certainement l'une des révélations de l'année 2006. Après avoir incarné un meilleur ami dont la lâcheté était presque compréhensible, il compose ici un impatient jeune homme, qui n'hésite pas à griller les étapes, et se retrouve pris à son propre jeu. Face à lui, celui qui joue le rôle du père de la fille qu'il aime, homme d'affaire potentiellement mafieux, Bjorn Floberg est toujours aussi formidable de justesse et de bonhomie, tout en instillant une certaine terreur.

Au final, ne nous y trompons pas, avec sa photo magnifique et crépusculaire (dans les gris bleu), et son scénario choc, "Uro" est un film policier de grande intensité, où la fulgurance de la violence est certainement l'élément le mieux rendu et traduit à la perfection les tensions au sein d'un milieu où caïds et justiciers ne sont parfois pas si éloignés. Ne nous étonnons pas qu'humanité et douceur aient alors du mal à y trouver place.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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