Parce qu'on en a jamais assez !

TRUMAN

Un film de Cesc Gay

Chacun meurt comme il peut

Julian revient du Canada pour passer quatre jours à Madrid auprès de son ami Tomas. Celui-ci a décidé d’arrêter son traitement contre le cancer. Il va maintenant lui falloir apprendre cette nouvelle aux quelques personnes de son entourage…

"Truman" fut certainement le film espagnol le plus primé en 2015, arrachant au passage également quelques larmes à ses (nombreux) spectateurs. Ayant valu en septembre 2015 un double prix d'interprétation pour Ricardo Darin et Javier Cámara au Festival de San Sebastian, le film a ensuite raflé, en février 2016, 5 Goyas, dont celui du meilleur film. L'attachement que chacun pourra éprouver pour les deux personnages principaux doit énormément au duo d'acteurs, Javier Camara ("Parle avec elle", " Les Amants passagers") déstabilisé par cet homme auprès duquel il réapprend la complicité, et Ricardo Darin ("Dans ses yeux", "Les Nouveaux Sauvages") à la fois ancré dans ses choix et démuni face à la mort prochaine.

Sans grande originalité de mise en scène, le récit égraine les étapes d'une préparation au départ, avec ses périodes de détresse ou de tristesse, les amis qui se rebellent, le besoin d'être pardonné par certains ou d'entrer en contact avec d'autres. Mais le scénario se concentre surtout sur l'isolement, cette « odeur de la mort » comme l'évoque le personnage principal, qui fait peur et provoque la gêne ou l'éloignement. Plein de bonnes intentions, le film aligne des scènes pas aussi faciles qu'elles peuvent paraître au premier abord (la visite surprise au fils, le rapport au mentor dans son métier d'acteur...) créant à chaque fois surprise et émotion.

Ne tendant ni à enjoliver les choses, ni à créer le drame à tout prix, "Truman" touche par la sincérité de son propos, questionnant au passage l'attitude de chacun, en tant que, ou face au malade. Au milieu du tout cela, Truman, le chien de cet homme dont le corps vacille a cependant du mal à attirer l'attention, malgré sa position stratégique en substitut de conjoint ou d'enfant. Seul vecteur d'attendrissement ponctuel du personnage principal, il trouve là son utilité, moins centrale que le titre ne pouvait le laisser supposer.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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