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LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE

Un film de Sylvain Chomet

Une pure réussite

Dans une France irréelle, une grand-mère portugaise veille à l'éducation de son petit-fils et l'initie progressivement au vélo. Bientôt ce sport devient une pratique permanente sous la houlette de la vielle femme. Mais lors d'une étape du tour de France, le jeune homme est kidnappé par de mystérieux hommes en noirs qui l'emmènent au Etat-Unis. La grand-mère, accompagnée du chien de la maison, les poursuit, bien décidée à récupérer par tous les moyens son petit-fils…

Ce dessin animé français est une pure réussite. Et cela pour plusieurs raisons dont la principale est la qualité de l'animation. En fait tous marche à l'unisson, car le scénario oscille entre le rétro et le surréaliste. Le réalisateur et le scénariste ont puisé avec bonheur dans les grands classiques du film humoristique décalé, dont le représentant le plus connu est évidemment Jacques Tati. Car dans ce film, ce qui surprend le plus, c'est l'inventivité permanente : jamais le rythme des gags visuels et sonores ne faiblit.

De voir cette grand-mère se jeter à corps perdu à la poursuite des hommes en noirs redonne un coup de fouet, de la voir entraîner puis soigner son champion est hilarant. De voir ces fameuses triplettes de Belleville complètement déchaînées dans leur numéro, caractérise l'esprit d'inventivité dont font preuve les dessinateurs. Et la course poursuite finale renvoie par bien des aspects aux dessins animés de Tex Averry, dans le montage et l'imbrication des gags et de leurs conséquences.

Il y a longtemps que le cinéma d'animation n'a pas ravivé des fous rires si intenses, en enchaînant si facilement de nombreux gags, sans faire trop appel aux dialogues. On relèvera notamment que ces trois petites vielles (les triplettes) assurent par leur expression de fabuleux gimmicks visuels.

La réalisation laisse libre cours à un style semi-rétro où les décors donnent parfois une impression " années 50 " où la modernité mécanique et la campagne se côtoient dans le gigantisme des villes. Les voitures, la musique, tout donne cette impression. Et puis la chanson phare de ce film, surprenante et entraînante, interprétée par ce trio de chanteuses venant d'un autre âge, semble les figer dans celui-ci. Même les méchants, s'ils font référence aux gangsters classiques américains, conservent ce petit côté très franchouillard qui rajoute de l'autodérision aux différents types d'humours déjà présents.

Alors courez voir ce film d'animation, qui malgré un visuel peu moderne, plaira à tous le monde, et notamment aux plus jeunes par la vivacité de l'animation et l'enchaînement hallucinants des gags.

Guillaume BannierEnvoyer un message au rédacteur

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