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LA TOUR 2 CONTROLE INFERNALE

Un film de Éric Judor

Un comique de répétition pas souvent drôle

En 1981, deux pilotes de chasse prometteurs passent un test dans une centrifugeuse, afin de devenir spationautes. Malheureusement leurs cerveaux subissent des dégâts irréversibles, et les voilà reclassés comme bagagistes dans l'aéroport de Aurly Ouest. Alors que des terroristes s'immiscent dans le terminal, l'un d'eux est accidentellement entraîné par le tapis à bagages, leur permettant d'échapper à ceux-ci...

Qu'attendre d'un second opus quand on n'était déjà pas fan du premier ? Certainement de prendre cette fois-ci plus de plaisir, surtout qu’il s’agit-là de l'une des comédies françaises les plus attendues de ce début d'année. Mais dans ce prequel en aéroport (Éric et Ramzy interprètent ici les futurs parents des laveurs de carreaux de "La Tour Montparnasse infernale"), le « two-men show » ne décolle jamais vraiment, la faute à un comique de répétition souvent plus pathétique que drôle. Rabâcher pendant 10 minutes des expressions du type « point commun » ou « mais pourquoi » avec les mêmes simagrées se comprend quand on est entre potes un rien alcoolisés, c'est beaucoup moins drôle et plus irritant lorsqu'on est extérieur au cercle d’amis.

Pourtant dans les premières scènes, le scénario de cette "Tour 2" propose à la fois de bonnes idées (mais posées en vrac) et quelques bons dialogues (lorsqu'ils sont proclamés par des acteurs... qui se donnent la peine de jouer et pas seulement de faire les clowns). Au rayon gags amusants, c'est du côté des ZAZ ("Y a-t-il un pilote dans l'avion ?") que l'inspiration semble avoir été trouvée (à coup de mains plates, de flûtes à becs plantées dans le dos, d’éperviers et de gangsters aux masques proches de ceux des Anonymous et appelés ici les « moustachious » !)... Mais l’une des plus belles idées réside en l'amusant parallèle entre un homme tombant le long d'une façade, comme ces figurines de plastique aux membres en forme de boules adhésives !

Si les gags crypto-gays sont des plus lourds et n'évitent jamais la facilité (Ramzy fasciné par un black bodybuildé...), le scénario achève de décevoir en évitant totalement de développer un réel dénouement. Restent, heureusement, la méga mise en plis de Marina Foïs très années 80 et le succulent personnage du méchant qui entre dans une colère noire dès lors que l'on écorche sa propre conception de la grammaire française (Philippe Katerine très en forme). Notons, enfin, la présence du comédien Grégoire Oestermann (vu dans "Intouchables" ou "Comme une image") qui interprète un Ministre de l'Intérieur qui rêve du portefeuille de la Culture, tout en confondant François Valéry et Paul Valéry. Grâce à ces bons choix de casting, le film évite de justesse de se transformer en catastrophe totale. On conseillera donc aux non-fans d’Eric et Ramzy de s’abstenir et aux vrais fans d’attendre leur prochain spectacle sur scène (si, si).

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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