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SMART PEOPLE

Un film de Noam Murro

Savoir écouter les autres

Un professeur de littérature, blasé, continue malgré tout à enseigner. Lorsque sa voiture est emmenée à la fourrière, il tente de récupérer sa mallette en grimpant par dessus le grillage et se retrouve à l'hôpital. Là-bas, il fait la connaissance d'une aimable doctoresse...

« Smart people » est la chronique quotidienne du retour à la vie d'un enseignant qui semble avoir perdu son âme, quelque part entre ses ennuis personnels, son talent d'écrivain non reconnu et sa distance grandissante avec les élèves. Point de réel traumatisme hier, mais plutôt un récit de la lassitude quotidienne, qui s'avère juste, mais plutôt ennuyeux sur la longueur. Le personnage interprété par Dennis Quaid est donc un homme maladroit dans ses rapports humains, limite grossier, qui dans le fond n'aime personne. Et il enseignerait presque son dégoût à sa fille, d'apparence fermée (Ellen Page, excellente, vue dans « Hard candy » et « Juno »), qui joue au dictionnaire avec lui, récitant les définitions des mots qu'elle a ingurgitées.

Du côté de Sarah Jessica Parker, personnage sensé réveiller notre homme, les situations et dialogues sont plutôt fades. Et c'est donc du côté du personnage de l'oncle, fabuleuse incarné par Thomas Haden Church (« Sideways », « Spiderman 3 ») que l'on doit chercher les quelques situations surprenantes et les rares sourires du film. Sorte d'initiateur décalé, fumeur de shit, il observe et fait mouche à chaque phrase, jouant les révélateurs de situations depuis longtemps figées. Le film lui doit beaucoup, en personnifiant l'écoute que le scénario prône au final.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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