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SHAUN LE MOUTON - LE FILM

Loufoque à souhait

La vie de Shaun le mouton est faite d'un quotidien répétitif, le fermier, aidé de son chien, effectuant tous les jours les mêmes tâches, jusqu'au moment de la tonte. Puis le cycle recommence. En voyant passer le bus, porteur de publicité pour des vacances, celui-ci décide de tout faire pour les moutons puisse s'offrir un jour de repos...

« Shaun le mouton » était une sorte de Spin-off de « Wallace et Gromit », sous forme de série télé animée, mettant en avant l'un des petits moutons de l'épisode intitulé « Rasé de près » (1995), porteur d'un pull en laine. Voici aujourd'hui que la série passe l'étape du grand écran, un pari plutôt réussi grâce à un scénario bien ficelé, bourré de rebondissements, et à une multitude de détails croustillants, et de gags visuels inspirés. Si les personnages manquent un peu d'épaisseur, l'absence de paroles étant dieu merci de mise, ils réussissent cependant à se rendre attachants, pour le bonheur des petits comme des grands.

Avec pour point de départ le désir des moutons de faire une pause, réussissant à endormir chien et maître, le film se transforme très vite en une série d'aventures trépidentes, la petite troupe étant à la poursuite de la caravane dans laquelle repose le fermier, qui se dirige toute seule vers la ville. L'ennemi est ici clairement identifié, en la personne d'un responsable de fourrière détestant les animaux, quant à l'intrigue, elle consiste simplement à retrouver le maître, ayant perdu la mémoire. Les situations rocambolesques se succèdent, parvenant à surprendre à chaque fois (le fermier, spécialiste en tonte... devient coiffeur, qui plus est, à la mode...) et les allusions à d'autres films se multiplient avec plus ou moins de discrétion (le chat enfermé façon Hannibal Lecter...).

Globalement, on retiendra une truculente scène de restaurant, avec les moutons empilés et déguisés, une scène d'évasion haletante, et on reconnaîtra la tendance à l'invention, déjà bien présente dans les « Wallace et Gromit ». Le Studio Aardman n'a donc rien perdu de son savoir faire, le film étant une nouvelle fois tourné en Stop-Motion (comme « Chicken run »), et fourmillant de détails amusants, tels les pots de vins pour canards (en tranches de pain, forcément !), la technique des vrais moutons qui sautent une barrière (et que l'on compte) comme somnifère puissant, ou la coupe à la mode façon Shaun. Un petit bonbon dont on ne saurait priver les enfants.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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