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SARAH PRÉFÈRE LA COURSE

Un film de Chloé Robichaud

Passion exclusive

Après un départ pour Montréal pour ses études et pour préparer une course renommée, Sarah développe une étrange relation avec un camarade de classe, qu'elle connaît à peine, et avec lequel elle s'installe en colocation, en se mariant précipitamment au passage...

Premier long-métrage d'une jeune réalisatrice canadienne, "Sarah préfère la course" a été présenté dans la section Un certain regard au Festival de Cannes 2013, créant une certaine division parmi le public. Précédemment sélectionnée en compétition des courts-métrages en 2012 avec "Chef de meute", elle n'en a pas moins démontré un impressionnant sens du rythme et de la mise en abyme. Portrait plutôt fin d'une jeune femme en devenir, passionnée par la course, son film surprend autant qu'il déroute, dévoilant une protagoniste toujours en retrait, qui se laisse mener par les autres, ne sachant pas trop ce qu'elle désire faire ou même être.

Sur ce drôle de point de départ, le scénario développe une sorte de mystère identitaire (les pulsions sous la douche, avec vues sur des nuques de filles...), décrivant la découverte des premières passions, les expériences ratées (un dépucelage maladroit), et affirme une parabole bien sentie sur le cœur de son héroïne, qui fait des siennes, au sens propre tout au moins, le figuré restant aux abonnés absents. Au final, malgré la qualité d'interprétation de Sophie Desmarais, effacée et lunaire, ce n'est étonnamment pas le personnage de Sarah qui nous touche, tant elle semble peu encline à se connecter avec les autres, mais son pendant masculin, touchant, dans son incompréhension face à cette fille absente du monde.

On ressort de la séance plutôt troublé et sans réellement en savoir plus sur cette jeune femme. C'est certainement là la réussite du film, nous troubler grâce à un personnage inexistant, et nous convaincre à notre tour, qu'en matière de sentiments et de capacité à ressentir, ou à définir un être humain, « non, la réponse n'est pas dans le gâteau ».

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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