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SAGE FEMME

Un film de Martin Provost

Joli numéro d'actrices pour scénario bancal

Claire, la petite cinquantaine, sage femme qui refuse de rejoindre la future « usine à bébés » qui doit regrouper plusieurs maternités, dont celle où elle travaille, voit revenir dans sa vie Béatrice, ancienne maîtresse de son père, à qui elle semble en vouloir profondément...

Martin Provost, auteur du multi-césarisé "Seraphine" et de "Le ventre de Juliette" est venu présenter son dernier film lors d'une séance événement Hors Compétition au dernier Festival de Berlin. Événement car le film, et c'est sûrement là ce qui devrait bon nombre de spectateurs, réunit pour la première fois deux Catherine bien connues : Catherine Deneuve et Catherine Frot.

Et il faut dire qu'en mettant face à face leurs personnages respectifs - une femme vieillissante, bonne vivante un rien mythomane, dont la flamboyance s'estompe ; et une travailleuse acharnée, dotée d'un tel sens du bien commun qu'elle en oublie un peu sa propre vie- , il y avait de quoi attiser la curiosité. D'autant qu'entre elle, un drame passé vient vite obscurcir la possibilité de véritables retrouvailles. Sorte de cigale et de fourmi mises face à face, les deux actrices assurent l'affrontement complice que l'on était en droit d'attendre.

Malheureusement derrière des allures un peu superficielles de film social, fustigeant la fermeture des maternités sous prétexte de réduction des dépenses, se cache un scénario qui part dans tous les sens, et dont certains aspects apparaissent tirés par les cheveux. Si on veut bien essayer de croire au personnage de Catherine Deneuve, cherchant à revoir un ancien amant alors qu'elle est au seuil de la phase terminale d'un cancer, il est plus difficile d'adhérer à moult détails qui viennent gâcher ce drame sensé se transformer en ode à la vie.

Étrangement, l'alcool devient presque un personnage central du film tant on nous rabat les oreilles avec un petit verre par ci, un autre verre par là. Devenu lourde parabole de l'incapacité du personnage de Catherine Frot à lâcher prise et vivre librement, celui-ci entraîne au fil du film des incohérences allant crescendo, depuis l'idée soudaine qu'à le personnage de l'amant (Olivier Gourmet) d'amener une caisse de vin à une femme qui ne boit pas, jusqu'au fait qu'il laisse conduire son camion à une femme qu'il sait pertinemment en prise à des malaises. Peut-être le scénario aurait-il du coup, pour mieux décrire l'affrontement entre retenue et insouciance... mérité d'être un peu plus sobre.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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