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RUMBA LA VIE

Un film de Franck Dubosc

Franck Dubosc touchant dans une comédie dramatique réconciliatrice

Tony est un cinquantenaire solitaire, vieux garçon, tatoué (un aigle et le drapeau US…) et portant des santiags. Chauffeur de bus, sous ses airs bourrus, il envoie tout de même aux enfants des signes d’une complicité très masculine. Il a d’ailleurs son propre avis sur la virilité, qu’il n’hésite pas à partager avec son seul ami, Gilles, mécano. Mais lorsqu’il est victime d’un malaise cardiaque, il décide de revoir son grand amour, Carmen, après 20 ans de distance. Celle-ci a eu une fille de lui, Mariah, qu’il n’a jamais connue, et qui est aujourd’hui professeure de samba. Décidé à entrer dans la vie de cette dernière, il prend son courage à deux mains et s’inscrit à son cours de danse, mais se trompe de classe, se retrouvant avec comme professeure une certaine Sarah…

Rumba la vie film movie

Après le succès de "Tout le monde debout", où il jouait les paraplégiques pour mieux approcher une femme elle-même en fauteuil roulant (Alexandra Lamy), il y a trois ans, Franck Dubosc récidive en réalisant une nouvelle comédie tendre et touchante. C’était d’ailleurs l’un des événements du Festival de l’Alpe d’Huez 2022, où le film était présenté hors compétition, la lente sortie du Covid obligeant finalement à un report de sa sortie salles à la fin août, afin d’espérer un meilleur résultat en termes de nombre d’entrées. Son "Rumba la vie" s’affiche ainsi résolument en feel-good movie réconciliateur, à la fois entre une fille professeure de danse et son père introverti, qu’elle n’a jamais connu, entre un homme solitaire vieillissant et la vie, mais aussi entre un collègue mécano et sa sexualité. De quoi donner du baume au cœur en cette rentrée 2022.

Le film est doté d’un scénario résolument positif, oscillant entre comique de situation ou de mœurs et moments plus dramatiques, composant sur le mode attraction-répulsion entre ce père et cette fille, amenés à se fréquenter et à se « frôler » via la danse. Amenant progressivement une intelligente inversion des rôles, Dubosc mène tendrement son personnage sur la voie de la rédemption, tout en traitant en filigrane et avec un certain recul d’autres sujets délicats, comme le harcèlement au travail ou le fait d’assumer son orientation sexuelle ou son âge. Il nous offre ainsi un touchant double portrait, d’une jeune femme qui masque élégamment ses failles et d’un homme s’ouvrant peu à peu aux siennes.

Pour cela, Franck Dubosc s’est donné le rôle principal, s’éloignant quelque peu de son personnage habituel de dragueur vieillissant, solitaire retiré de la vie, qui s’avère extrêmement touchant. Il a confié le rôle féminin à Louna Espinosa, en fille lucide et passionnée. Véritable révélation du film, elle compose avec brio une jeune femme sensuelle et consciente de ses charmes, avec à la fois les pieds sur terre et une vision très nette son propre avenir. Du coup l’atout comique du film réside en réalité dans la qualité de ses nombreux seconds rôles, tous bougrement attachants : Jean-Pierre Darroussin en collègue aidant mais un rien douteux, Marie-Philomène Nga en voisine dynamique dynamitant la notion de racisme, Catherine Jacob en patronne quelque peu autoritaire, et ô surprise, Michel Houellebecq, irrésistible, en chirurgien décourageant… Des personnages qui contribuent à faire de ce film naviguant tendrement entre drame et comédie, une réussite.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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