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RENCONTRES A ELIZABETHTOWN

Un film de Cameron Crowe

Un beau parcours intime

Drew Baylor (Orlando Bloom) est un designer de talent. Mais la chaussure de sport qu’il a mis des années à créer s’avère un véritable fiasco. Avant que la presse ne s’empare de terrible échec, il apprend la mort de son père. Sa mère (Susan Sarandon) le charge d’aller récupérer le corps auprès de sa belle famille, perdue de vue depuis longtemps...

« Rencontres à Elisabethtown », nouveau film, très attendu, du réalisateur de « Presque célèbre », Cameron Crowe, est un formidable parcours de mémoire, à la fois personnel et salvateur. Celui-ci nous conte la découverte de la famille, et une magnifique réconciliation autour d’un enterrement, souvent plus source de déchirements au cinéma, tout comme les repas de famille. Et celle-ci atteint son apothéose de tristesse lors d’une belle scène de danse à contre jour (ou contre spot) par Susan Sarandon, bouleversante. Orlando Bloom, qui interprète le fils, y apprend la chaleur du Kentucky et du cocon familial, décrite par mille petits gestes.

Sons séjour est ponctuellement interrompu, par des rencontres avec Kirsten Dunst, sympathique et presque irréel jeune femme, à la fois hôtesse entreprenante, voire envahissante, amie compatissante, et amoureuse espiègle et mystérieuse. Si le charme agit immédiatement, c’est que cette comédie romantique, diablement efficace, explore des voies peu classiques. Ceci, même si elle utilise un mariage de manière assez cliché, et s’avère peu crédible concernant certains délais (la confection du carnet de route), ou intentions.

On sera particulièrement sensible à cette ode à la vie, dont on ressort avec l’envie de prendre le temps de vivre, de rencontrer et de connaître des gens, comme ceux qui nous entourent. Dommage que le script n’évite pas une pénible obligation de trouver une voie vers le succès professionnel malgré tout. Du coup, on se consolera avec les obsessions musicales récurrentes du réalisateur, qui imprègnent le film, et qui font aussi que l’on sent le récit très personnel et empreint de regrets

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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