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RENCONTRE AVEC LE DRAGON

Un film de Hélène Angel

Une fresque française, sans véritable souffle, mais avec poésie et esprit

L'histoire de Guillaume de Montauban, chevalier surnommé le Dragon Rouge, vue au travers des yeux d'un adolescent. Réalité, légende ou rêve ? Là est la question…

Hélène Angel, pour son deuxième long métrage, après Peau d'homme, cœur de bête, a choisi de privilégier l'aspect onirique et quasi irréel des images et des décors, plutôt que de donner dans la reconstitution réaliste. Car son film, loin de prétendre retracer un quelconque événement historique, puise sa source dans les légendes et les mythes, qui se propagent sous diverses formes, et porte à la réflexion sur la nature de ceux-ci.

Entre les quelques éléments, que les ouvrages écrits peuvent aider à faire traverser le temps, les rumeurs persistantes, transformées par les uns ou les autres, les témoins visuels à peine crédibles, mêlant leur propre intérêt au factuel, et une réalité bien relative, le film oscille et ne penche jamais d'un côté plus que de l'autre. Et la part de fantastique rappelle à chaque instant le caractère de conte du récit. Ici, Sergi Lopez se transforme en sanglier, la nuit venue, pour des raisons que l'on découvrira plus tard. Une étrange femme (Claude Perron), vêtue de blanc, lévite dans la forêt, les mains pleines de sang. Et les flammes du Dragon précèdent le noir héros (Daniel Auteuil).

Certains auront du mal à s'habituer à un rythme presque inexistant, loin des grandes épopées que dicte en général le genre. La beauté des paysages et de certaines scènes (l'ouverture sur fond d'incendie de forêt est absolument somptueuse) rachètera bien des lenteurs d'un film dont la trame, assez basique, n'est cependant pas toujours des plus limpide. Signalons pour finir la remarquable performance du jeune Nicolas Nollet dont on ne sait trop si le personnage est réel, où simplement en train de rêver à la belle histoire qu'il aurait souhaité partager, mais qui dans le vrai monde s'avère bien plus cruelle que prévu.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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