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POR TU CULPA

Un film de Anahí Berneri

Cauchemar hospitalier

Travaillant à la maison, à la veille d'un important rendu, une femme fait accidentellement tombé d'un lit le plus petit des ses enfants. Effrayée, elle l'emmène à l'hôpital, ignorant qu'elle va bientôt passer d'une des pires nuits de sa vie...

"Por tu culpa" est un film argentin, qui a fait sensation au Panorama du festival de Berlin 2010. Récit de la nuit cauchemardesque d'une femme travaillant chez elle, contrainte de s'occuper de ses deux enfants, turbulents, en l'absence d'un mari ayant raté son avion, et alors qu'elle doit rendre un travail important le lendemain, le film plonge rapidement le spectateur dans la même angoisse que son héroïne. Car se rendant à l'hôpital après une chute du plus petit de ses enfants, elle sent vite qu'on la soupçonne, à demi-mots, de maltraitante, à cause des nombreux bleus que présentent les gamins.

L'actrice principale, Erica Rivas, est tout simplement formidable, laissant visiblement progresser la propre inquiétude de la mère, d'abord centrée sur la santé de ses enfants, puis sur sa propre légitimité en tant que mère digne. Rapidement, sans que le spectateur s'en aperçoive, le lieu de protection qu'est sensé être l'hôpital, se transforme en piège, puis en prison. Et au fur et à mesure que les soupçons s'accumulent, le temps rapprochant cette femme du matin, la réalisatrice filme son personnage principal de plus en plus près, allant jusqu'à frôler sa chevelure, sa nuque, son regard fatigué. Tout ceci pour mieux rendre compte de son inquiétude grandissante.

"Por tu culpa" est donc un film oppressant en diable, un film physique, qui aura de quoi angoisser toutes les mères célibataires susceptibles de se rendre un jour seules dans une clinique. Un film qui dénonce les comportements machistes, d'hommes souvent inattentifs, qu'il s'agisse des maris absents ou d'infirmiers zélés. Un récit qui rend hommage à l'ampleur de la tâche des mères au foyer, pas toujours facilitée par ceux qui n'ont jamais connu la même situation.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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