Bannière Festival film court Villeurbanne 2019

PIROUETTE ET LE SAPIN DE NOËL

Avec les voix de

Ambiance enneigée pour films plus ou moins poétiques

Un petit garçon se lie d’amitié avec un lapin blanc, un chat tout noir se souvient des moments où il avait un maître, une petite fille s’imagine un chiot comme compagnon, des animaux partent à la recherche d’un sapin de Noël, afin que la fête soit complète…

Pirouette et le sapin de Noël film animation image

En provenance de Corée du sud, de Russie (pour deux d'entre eux), de Pologne et Irlande, les quatre courts métrages qui composent ce recueil, mettent en valeur une ambiance hivernale, pour de petites histoires qui mêlent amitié, jeux, et quelques enjeux qui restent très enfantins. Et au final, c'est certes le plus long, mais aussi le moins poétique et le seul parlant, qui donne son titre au recueil. "Lapin des neiges" ouvre le bal, dans une animation traditionnelle en 2D multicouches, un rien hachée, faite de dessins pastels et crayons, accompagnés d'une musique mêlant piano et accordéon. Dans une ambiance vaporeuse évoquant de vieux livres d'images, un petit garçon se lie d'amitié avec un lapin blanc. Si leurs jeux ne seront pas sans conséquence, le pardon pourrait bien être au rendez-vous.

"Conte d'une nuit" vient ensuite, avec une animation certes plus lisse (aux gros traits de contour et à-plats de couleur), mais avec une belle poésie. Empreint d'une certaine nostalgie, le film met en scène un chat noir perdu dans le froid de la ville, jouant avec la lumière d'un lampadaire et traînant autour d’une maison. Les idées du flash-back expliquant sa solitude (inscrit dans la lumière), tout comme des rôles de la lune et des « bébés » étoiles, font de ce film l'un des deux plus émouvants du programme. L'autre film marquant est sans doute "La moufle", troisième segment tourné en stop-motion avec des marionnettes en feutre et tissu, sur fond de décors en carton. On y suit une petite fille dont la mère refuse qu'elle ait un chien, s'imaginant que sa moufle rouge devient l'animal en question. Drôle et poétique, le film, lui aussi sans paroles, touchera forcément.

Enfin, "Pirouette et le sapin de Noël" vient clore le programme, et s'avère finalement assez décevant. Outre le fait que le dessin est minimal et peu attractif (principalement des tâches de couleur), que les animaux marchent tous sur leurs pattes de derrière (une nouvelle fois : quelle utilité, vu qu’ils parlent ?), et que l'interrogation sur le nom de la vache (pourquoi Pirouette ???) dont l'amie chèvre violette (Mirabelle... mais re-pourquoi ?) qui accueille une fête, reste non résolue, il faut bien avouer que la double intrigue reste globalement très mince.

D'un côté, même les plus petits auront deviné qui est l'invité surprise (quelqu'un que l'on attend avec un sapin et des cadeaux tout autour… vous avez une idée ?). De l'autre, si la quête du sapin, construite en trois parties, reste honnête (malgré le message écolo final, qui oublie bien vite le sapin en plastique du début...), les autres enjeux sont bien minimaux : être prudent face à des cup-cakes trop chauds, tenir son ballon pour ne pas qu'il s'envole, faire attention aux arbres dans la rue... Certes les plus petits y verront peut-être un message, mais les adultes auront envie de regarder ailleurs. D'autant plus que les éléments inutiles s'accumulent, des bouts de chansons ponctuels aux récurrentes chouineries de la cochonne, en passant par les hourras ou rires forcés intempestifs... On ressort donc de la salle sur une note de déception, magie et poésie étant absents de ce dernier segment. Et l'on reste avec l'envie de se replonger dans l'ambiance des trois premiers.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

Laisser un commentaire