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PENCHÉ DANS LE VENT

Artiste exigeant

Artiste de Land Art, Andy Goldsworthy aime ressentir la nature, être à son contact, sentir sa souffrance comme son souffle. Il revient sur les étapes clés de son œuvre, sur sa vie, et introduit doucement une nouvelle complicité, avec sa fille Holly, qui lui prête main forte...

Après avoir filmé l’artiste de Land Art, Andy Goldsworthy, il y a seize ans ("Rivers and Tides", sorti en France en 2005), le documentariste allemand Thomas Riedelsheimer a suivi à nouveau l’homme entre 2013 et 2016, pour nous livrer un complément de portrait, abordant à la fois les accidents de la vie, comme une certaine nouvelle conscience de l’artiste vieillissant. Moins graphiquement marquant que le documentaire précédent, "Penché dans le vent" n’en est pas moins poétique et imprègne la rétine de quelques belles trouvailles (la cavité rétro-éclairée de Digne les bains, le mur de pierre scindé en deux…).

Montré comme toujours obsédé par une connaissance et un contact avec la nature proche du désir de fusion, l’artiste surprend par ses gestes aussi temporaires (son parcours à travers les haies, sa manière de mêler son ombre à celle des feuilles d’un arbre…) que permanents (les « pierres dormantes », inspirées de tombes creusées à même la roche, le mur champêtre scindé en deux dont on parcoure la faille…). Conscient qu’avec l’âge les certitudes s’envolent (comme celles d’une vie linéaire, toute tracée) et que son œuvre en devient nécessairement moins lisible, Goldsworthy, l’homme en devient touchant lorsqu’il évoque sa complicité avec sa fille Holly et ces fêlures qui traversent autant les arbres… que sa propre personnes.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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