Parce qu'on en a jamais assez !

PALAIS ROYAL !

Portrait féroce et assez subtil d’une royauté calculée

Insouciant et infidèle, le prince Arnaud est subitement appelé à régner à la mort de son père, le célibat de son frère aîné lui interdisant l’accès au trône. Dans son sillage, la princesse Armelle, malgré sa gentillesse, a bien du mal à se faire au usages du protocole...

Dès les premières images, un enterrement en grandes pompes, un portrait géant et glamour de la princesse dans une cathédrale bondée, et des bouquets par centaines, amassées aux grilles du palais, on s’esclaffe déjà en imaginant la peinture au vitriol d’une Diana bis, et plus généralement des têtes couronnées, que nous prépare la fabuleuse portraitiste qu’est Valérie Lemercier.

Et même si le mélange des familles royales anglaise, monégasque et belge, prend dès le départ, on est un peu déçu par une première partie où son Armelle, à force de gentillesse, en devient pataude et limite ridicule dans son côté victime. Les seconds rôles y prennent du coup le dessus, qu’il s’agisse d’un Lambert Wilson odieux ou d’une Catherine Deneuve intrigante.

Et étrangement, c’est une tarte qui viendra relever la sauce, en déclenchant chez notre héroïne, une bouffée de méchanceté matinée de tactique manipulatoire. Utilisant les médias à bon escient (ah la séance photos pour un hebdo à scandale !), tout comme les faiblesses de ses détracteurs, elle devient tout à coup captivante.

Et Valérie Lemercier excelle dans ce rôle, paradoxalement lointain des grandes bourgeoises huppées qu’elle affectionne, et fustige au passage certains aspects du star system, du protocole convenant et de la communication caritative. Et le rire naît de cela, avec finesse, quand elle force nonchalamment son conseiller à donner la cuillère à un malade, ou quand elle donne dans le discours faussement naïf avec son opération « quatre quarts pour le quart monde ». La construction d’une image à la Lady Di est ainsi disséquée, dans cette comédie honnête et foisonnante, qui sans éclat de rire gras, atteint son but.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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