Parce qu'on en a jamais assez !

OSAMA

Un film de Siddiq Barmak

Une vision dynamique et bouleversante de l'Afghanistan des Talibans

L'Afghanistan. Se retrouvant seule, après la mort du dernier homme de la famille, une femme, sans aucune possibilité de travailler, se voit contrainte de déguiser son unique fille, en garçon, pour qu'elle puisse ramener de quoi manger. Mais elle se trouve aussi contrainte d'aller à l'école coranique...

Le film s'ouvre sur une scène que jamais l'on aurait vue dans les médias occidentaux. Des centaines de femmes, toutes vêtues de la burkha , manifestent dans la rue pour avoir droit à un travail, et à de la nourriture. C'était le temps, mal connu, des talibans, tyrans intégristes, qui faisaient de la femme et de tout événement laïque, leur pire ennemi, à combattre et à briser. Alors, le spectateur, impuissant, suit les mésaventure de cette jeune fille, réservée, au physique angevin, qui finira, on se le dit, par se faire prendre.

Ainsi, au fur et à mesure que le subterfuge fonctionne, des ablutions jusqu'à la cour de l'école, on se prend à espérer, et la tension, grandissante, devient insoutenable. Mais ces péripéties sont surtout l'occasion de lever le voile sur les pratiques dictatoriales des Talibans (lapidation, interdiction des fêtes de mariage…) et sur l'éducation des hommes en ce pays. Habitués à mépriser la femme, ils lui refusent toute éducation et toute autonomie d'expression. L'intelligence de la réalisatrice, est de montrer que la culture est fortement imprégné, car si les habitants se sont adaptés, masquant des célébrations de mariages en veillée funèbre, ils n'en changent pas leur attitude vis à vis des femmes. N'hésitant pas à dénoncer ce qui leur semble irréligieux, ils sont aussi intransigeant sur la pudeur de celles-ci, qu'ils peuvent être lubriques.

Une œuvre forte et éloquente, qui donne à voir une autre facette de la résistance quotidienne afghane, emprunte de machisme et de mise en situations humiliantes pour la femme. Un film fort justement bardé de prix, pour son réalisme et le témoignage qu'il apporte, sur une époque pas si révolue.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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