ONE MIND - UNE VIE ZEN

Un film de Edward A. Burger
Avec

Pour la découverte

Dans le Temple Zhenru Chan, les moines continuent de nos jours à maintenir la tradition et un code monastique strict, établi il y a plus de 1200 ans par le patriarche fondateur du Zen en Chine. Certains cultivent la terre, respectent les animaux, cueillent le thé, pendant que d’autres s’adonnent sans relâche à des rituels…

One mind Une vie zen film image

Ponctué de quelques citations, qui viennent se superposer aux paysages ou aux décors, traduisant une histoire transmise oralement au fil des générations, que le metteur en scène s’est vue confiée, ce documentaire vaut avant tout pour la découverte d’un univers monastique particulier, et jusque là non montré. Edward A. Burger, qui « a vécu et étudié avec les communautés bouddhistes en Chine pendant plus de 15 ans » tente de nous faire découvrir ici non seulement des rites auxquels peu ont eu accès, mais aussi de nous mettre peu à peu dans un rythme autre, loin de nos vies d’occidentaux.

Dans les gestes quotidiens (toilette en extérieur, chants, gestes répétitifs mais précis, coupe du bambou, culture des champs, bénédiction des tortues...) et par les quelques paroles parsemées, les préceptes se font jour avec discrétion : trouver l’éveil en regardant en son intérieur, rester dans le dépouillement, effacer la notion « de soi », cultiver un « bon cœur »… Et la mise en scène d’Edward A. Burger tente de se mettre au diapason d’un état, où détails et patience sont rois, éprouvant par là même un spectateur qui ne sera pas forcément en symbiose alors qu’il rentre dans le film.

Sans commentaire, laissant les moines livrer ponctuellement leur esprit de communion avec la nature, l’auteur crée la curiosité plutôt qu’il ne la tarie. Les rituels garderont ainsi de leur mystère, alors que la cueillette du thé revêtira une certaine délicatesse, tout comme la recherche d’un bœuf taciturne provoquera un certain décalage. Un peu décevant dans les clés qu’il ne livre pas, ce film relève plus de l’expérience, que l’on aurait peut-être aimée plus hypnotique, à la manière du plan final, éloignement par un travelling arrière, d’un couloir lumineux dans une obscurité envahissante. Une parabole finale intéressante, sur la distance entre le monde où le spectateur retourne et le microcosme dans lequel vivent ces moines zen.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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