Bagniere comedies_confinement-04

THE MUMBAI MURDERS

Un film de Anurag Kashyap

Face-à-face hardcore

À Mumbai, un inconnu nommé Ramanna commet des crimes sauvages en s’inspirant de Raman Raghav, un psychopathe schizophrène qui sema la terreur en Inde dans les années 60. Un policier instable, Raghavan, s’est juré de le retrouver et de l’arrêter. Mais lequel est réellement la proie de l’autre ?

On doit à Anurag Kashyap une belle lignée de pellicules indiennes énervées et virtuoses, dont "Ugly" et le génial diptyque "Gangs of Wasseypur", dont la mise en scène sous speed et les audaces narratives assez folles en ont presque fait un cousin indien de Danny Boyle. Rebelote avec "Raman Raghav 2.0", mix insensé et hardcore du film de serial-killer post-"Seven" avec les conventions du cinéma populaire musical. Attendez-vous donc à de la violence sèche qui fait très mal, surtout quand le tueur se déplace en traînant une lourde barre de fer sur le sol. Attendez-vous aussi à de l’image stroboscopique plein régime, qui nous fait d’ailleurs vriller les orbites dès la scène d’ouverture (dans une boîte de nuit survoltée) et le générique de début (très Kyle Cooper dans l’âme). Attendez-vous enfin à subir le massacre d’une famille au ralenti avec une chanson pop en guise de nappage sonore – dont les paroles donnent d’ailleurs envie de rire.

De par son affrontement entre un psychopathe taré et un flic cocaïné qui l’est à peu près tout autant, le film pourrait presque une sorte de dérivé du "The Devil’s Rejects" de Rob Zombie en mode rave party tandoori. Toutefois, ce qui rend ce nouveau film assez faible en comparaison des précédents films de Kashyap tient dans une narration chapitrée qui alourdit les enjeux de chaque scène, ainsi que dans un scénario qui se traîne en longueur pour s’achever sur une allusion crypto-gay qui fait un peu pièce ajoutée sur l’ensemble. On aura beau sortir de la salle avec les neurones en compote comme après s’être mangé un bon gros tour de montagnes russes, ça ne suffit pas à emporter une adhésion complète. Nul doute que les amateurs de péloches énervées qui n’ont peur de rien – même pas du ridicule – y trouveront néanmoins leur compte.

Guillaume GasEnvoyer un message au rédacteur

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