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LA MONTAGNE ENTRE NOUS

Un film de Hany Abu-Assad

Ultra balisé

A la veille de son mariage, Alex Martin se retrouve coincée dans un aéroport, aux pieds des Rocheuses, suite à l’annonce d’une tempête. Trouvant un autre passager dans la même situation, le neurochirurgien Ben Bass, elle l’embarque avec elle dans un petit avion loué dans l’aérodrome local. Mais en plein vol, le pilote est victime d’un malaise, et leur avion s’écrase dans les montagnes…

On se souvient tous du récit de cette équipe sportive perdue dans les neiges de la Cordillère des Andes, et contrainte au cannibalisme pour survivre. Cela avait donné en 1993 un film à succès avec Ethan Hawke : "Les survivants". On voit donc bien ce qui a pu attirer les producteurs hollywoodiens dans cette adaptation du roman éponyme de Charles Martin, publié en 2011 : un enjeu de survie proche de l'impossible, des sources de danger multiples (falaises, pumas, froid...) et surtout une potentielle histoire d'amour interraciale.

Si les deux interprètes, Kate Winslet, en battante blessée, incapable d'inaction, et Idris Elba (la série "Sur écoute", "Thor", "Prometheus") toujours dans le contrôle et incapable de montrer la moindre émotion, ne déméritent pas, il faut bien avouer que le périple de ces deux survivants semble tellement balisé qu'il provoque un profond ennui. Non content d'enfoncer le clou plusieurs fois sur l'isolement du duo, par des panoramiques amples sur les montagnes enneigés (effet de surprise zéro), le metteur en scène (auteur des remarqués "Le chanteur de Gaza" et "Omar") réussit à rendre chaque étape plus plate que la précédente.

Certes la vision sous-jacente d'une société où chacun est contraint de masquer ses sentiments ou de donner dans l'hyperactivité pour réussir dans son travail, comme pour passer les pires épreuves dans sa vie privée, est intéressante. Mais passé ce constat, le faux rythme du film, les quelques incohérences (la scène du tronc d'arbre...) et la négation des vrais enjeux de survie face à l'histoire d'amour, finissent par rendre le film totalement fade. Reste la scène de la première sortie dans la neige, mais cela ne fait pas 1h30 de tension.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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