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MON CHIEN STUPIDE

Un film de Yvan Attal

L’usure du couple et le rôle du père

Henri a écrit un roman à succès il y a une vingtaine d’années et considére que depuis il ne fait des mauvais livres. Déprimé, il ne supporte plus la vie dans sa grande maison, où sa femme lui fait payer leur isolement loin de Paris, et ses quatre enfants restent dépendants de lui mais bien peu attentifs. Un soir de pluie, un chien énorme s’incruste dans leur salon…

Mon chien stupide film image

Yvan Attal nous revient en pleine forme avec un film plus intimiste, mêlant des questions autour de la crise de la cinquantaine, de l’usure du couple et du départ des enfants. Commentant en voix-off son attitude de père de famille indigne, il compose un personnage cynique, dilettante, oscillant entre un comportement odieux et emphatique, dont le mal-être lié à son échec professionnel fait ressortir les dysfonctionnements du noyau familial. Face à lui, Charlotte Gainsbourg a rarement été aussi touchante, en femme frondeuse, excédée, accablée par l’envie qu’elle retrouve de s’échapper.

Les quatre enfants (trois garçons et une fille) trouvent chair grâce à une brochette d’interprètes formidables qu’on peut étendre aux gendres et belle fille. Le copain de la fille, militaire, courageux mais pas téméraire, est notamment incarné par le très bon Oscar Copp, acteur principalement vu dans des séries télé ("Baron noir", "Le bureau des légendes"…). Mais on notera aussi la prestation de Panayotis Pascot, en fils surfeur, dépassé par ses études. Intelligemment, le scénario, adapté du roman de John Fante paru en 1985, permet à tous ces personnages d’exister, qu’ils soient intello militant, surfeur utilisant sa mère comme nègre, amoureux d’une stripteaseuse ou en couple avec un militaire, en ingrédients d’une comédie chorale réjouissante.

Se servant du chien (rapidement prénommé « Stupide ») comme catalyseur de nombreuses frustrations et vecteur d’une certaine forme de revanche, Attal construit son film en chapitres, correspondant moins au départ de chaque enfant, qu’à la redéfinition des rapports du mari avec ses divers proches. Désenchanté dans son approche du vieillissement, "Mon chien stupide" n’en est pas moins une comédie, aux dialogues bien ficelés, au comique de répétition bien senti, et à l’humanité évidente.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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