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MOI MOCHE ET MÉCHANT 3

Délicieusement régressif et loufoque

Peu de temps après avoir été renvoyé par sa nouvelle patronne, Gru découvre qu'il a un frère jumeau, extrêmement riche. Alors que les minions démissionnent parce qu'il refuse de redevenir méchant, celui-ci emmène toute sa famille en Freedonie, là où vit ce mystérieux frère à la chevelure blonde abondante...

Ce fut la séance la plus attendue du Festival du film d'animation d'Annecy 2017 et le résultat n'a pas déçu, assurant un spectacle rythmé, autant en terme d'aventures que de gags, visuels pour la plupart. Avec "Moi moche et méchant 3", le studio franco-américain Illumination se permet à la fois d'introduire un méchant mémorable (une ancienne star de série télé pour enfants tentant de devenir en vrai le super-héros qu'il incarnait alors) et un ambiguë et improbable frère jumeau de Gru, blond platine et crétin à souhait.

Après deux films l'an dernier ("Comme des bêtes" et "Tous en scène"), le studio confirme qu'il est un rival désormais à la hauteur de Pixar, en alliant tendresse (la fixette de la cadette sur les licornes, les traditions d'un autre âge du peuple de Freedonie, pour lequel le fromage revêt une importance particulière), scènes d'actions inventives et impossibles (les postures lors d l'ascension de la forteresse, les capacité de la combinaison...) et gags aussi régressifs qu'enthousiasmants (la révolte des minions, leur évasion de prison...).

L'introduction du méchant est un moment hilarant, fourmillant de mille idées, de la moustache qui dépasse de la combinaison au moonwalk ridicule sur l'eau, en passant par des postures d'espion exagérées. Faisant de l'obsession du merchandising (dont ils sont cependant eux-mêmes les adeptes) la source principale de dangers, le scénario s'amuse aussi à faire de nombreux clins d'oeil aux films du studio (l'affiche du film « Les Onions », l'apparition des Minions sur la scène de « Sing »...). Drôle et tendre, bourré d'action et de bonnes idées, le film devrait être le triomphe animé de ce début d'été, porté par les rythmiques années 80-90 (« Into the Groove » de Madonna, « Take on me » de Aha, « Bad » de Mickael Jackson...). On en redemande.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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