Bannière Festival film court Villeurbanne 2019

THE MOAB STORY

Un film de Peter Greenaway

Pour la forme, parfois difficile à suivre

Tulse Luper est un écrivain et concepteur de projet dont la vie fut ponctuée par de nombreux séjours en prison. Vue au travers de 92 contenus de valises, sa première aventure le mène d'une enfance dans les faubourgs du pays de Galles, vers quelques mésaventures dans un ranch de Moab, dans l'Utah, aux USA, où il tombera amoureux…

Peter Greenaway a toujours été un grand adepte d'une mise en forme particulière de ses œuvres, qu'il s'agisse d'un travail à l'intérieur du cadre, sur la logique de construction de l'histoire, ou sur le hors cadre. Depuis plusieurs années, il s'adonnait principalement à ce dernier point, soucieux de nous montrer une action de divers points de vue, par le biais notamment d'écrans divisés, voire d'écrans incrustés (split screen). Il nous a souvent étonné par ses récits multiples, réalisés par alternance de scènes (Les contages de cadavres, ou les différents jeux dans " Drowning by numbers "), ou ici, par le biais d'un montage ou d'images incrustées.

Ainsi, alors que l'histoire du mystérieux Tulse Luper se déroule, sur 16 épisodes, répartis sur trois films (pour l'instant), et dont la durée est irrégulière. 8 autres épisodes préalables auraient également été conçu, et feront peut être l'objet de publication ciné, dvd ou uniquement internet. Avec The Moab Story, nous sommes devant l'entrée d'un gigantesque puzzle quasi interactif, où le spectateur peut piocher des éléments, en fonction de son intérêt. Ainsi, dans la partie sur l'enfance du non-héros, il peut choisir entre un dialogue d'enfant, le même en décalé, ou dit par d'autres enfants ou personne. Le caractère répétitif des plans et des échanges, marque le chaos affectif dans lequel baigne Tulse.

La deuxième partie est, elle, plus linéaire, mais use de divers objets en rapport direct ou non avec l'action se déroulant, pour mettre en relief des épisodes passés ou futurs ou encore des traits de caractère du héros, ou des pans symboliques de sa vie. Issus de valises regroupant ces traits de caractère, ils sont souvent présenté en fond d'écran, en arrière plan, à la manière d'une publicité ou d'une émission de télé achat. La voix-off est pour beaucoup dans les changements de rythme et de tension, au sein de ce récit atypique, qu'une musique lancinante et répétitive, vient ralentir à nouveau, rétablissement le cours normal des choses. Une expérience, dont on attend la suite.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire