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MME MILLS, UNE VOISINE SI PARFAITE

Un film de Sophie Marceau

Escroc mais pas t(r)op !

Hélène dirige une maison d’édition de romans à l’eau de rose dont elle est l’héritière. Même si elle y est très attachée, des dettes l’ont contrainte à revendre des parts à un entrepreneur canadien. Quand ce dernier lui propose un marketing sexy pour redynamiser les ventes, Hélène contre-attaque en utilisant comme égérie sa nouvelle voisine : l’excentrique Mme Mills. Mais derrière les traits de cette vieille dame, se cache une escroquerie…

Mme Mills une voisine si parfaite film image

Et voilà un énième scénario fadasse, vu et revu au cinéma comme à la télé, avec les mêmes ingrédients repassés à la moulinette ! On reprendra bien de la quarantenaire qui se sent seule et débordée, un peu d’escroc à la recherche d’une œuvre d’art perdue, un soupçon d’enjeu financier à base d’entrepreneur véreux, un assaisonnement à base de collègues décalés et de personnage autiste, une petite sauce de buzz médiatique avec caméos de journalistes dans leur propre rôle…

Ça part dans tous les sens et rien n’est approfondi ! Même les personnages ne semblent pas toujours y croire. Sophie Marceau elle-même, pourtant aux manettes, fait le strict minimum. Avec son personnage, elle passe moins de temps à véritablement jouer qu’à se gargariser et se mettre en valeur. Le tout manque cruellement de modestie, rendant ainsi un peu plus ridicule son scénario bancal et son manque de style.

Heureusement il y a la poésie burlesque habituelle de Pierre Richard, qui parvient à nous transporter dans ce personnage « doubtfiresque » ou « tootsien » auquel on parvient étonnamment à s’attacher, bien qu’il soit insuffisamment exploité. Car il est là, le vrai gâchis : avoir créé un tel protagoniste et ne s’en servir que durant une petite moitié de film, alors qu’il y aurait eu tant d’autres moyens pour en faire un vrai fil rouge. Pierre Richard apporte donc sa fantaisie, mais, comme on l’a constaté de trop nombreuses fois ("Victor", "Cinéman", "La Ch’tite Famille"…), sa seule présence ne suffit pas à sauver un film.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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