Parce qu'on en a jamais assez !

THE MIDNIGHT AFTER

Un film de Fruit Chan

Mystérieux et fun !

17 personnes ayant toutes emprunté le même bus, se retrouvent dans un quartier de Hong-Kong totalement désert, après avoir traversé un tunnel. Malgré l'heure tardive – plus de 2h30 du matin – le quartier devrait être bien animé. Pourtant il n'y a pas âme qui vive dans les rues...

L'auteur Hong-kongais Fruit Chan ("Nouvelle cuisine", "Little Cheung") s'attaque une nouvelle fois à un thriller flirtant avec le fantastique. Passée la présentation très succinctes des différents individus ou couples présents à bord du bus, c'est dans un premier temps à la paranoïa qui prend le dessus qu'il s'intéresse, laissant à ses personnages le temps de gamberger sur leur situation. Ils développent ainsi toutes sortes de théories saugrenues : la théorie du complot, celle de l'alignement des planètes, ou encore du purgatoire façon "Lost"... Le spectateur, aussi paumé que les personnages, s'amuse lui aussi à trouver des explications.

Puis le long-métrage bascule dans le film d'horreur aux multiples accents comiques, avec une saisissante scène s'intéressant à un groupe de trois étudiants et à leur étrange désagrégation sur une autoroute déserte. Fruit Chan joue autant de l'effet de surprise que de l'aspect graphique de ses décors, inquiétants par leur échelle comme par leur absence d'âme qui vive. Mêlant à cela des questions de technologie (les mystérieux appels simultanés sur tous les portables...), le scénario fonctionne jusqu'à la fameuse scène permettant au groupe de décoder le message qu'ils reçoivent.

Puis le film commence à prendre une pente plus inquiétante, alliant scènes gores ou violente (la machette, les coups de poêle...), et apparition d'une tentative d'explication qui laisse un peu sur sa faim. Multipliant les effets (le bus qui démarre tout seul, la pluie rouge...), la mise en scène ne compense pas un scénario (pourtant adapté d'un web roman intitulé Lost on a Red Mini Bus to Taipo, signé d'un auteur de 25 an au doux pseudo de Mr Pizza) qui a bien du mal à trouver une pirouette finale ou une explication plausible, et encore à émouvoir, malgré la présentation de souvenirs de chacun des personnages, qu'on ne connaît pas assez pour pouvoir apprécier.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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