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MAMMA MIA ! HERE WE GO AGAIN

Une catastrophe annoncée… qui se laisse regarder

Un an après la mort de Donna, Sophie s'apprête à réouvrir l'hôtel que celle-ci tenait sur l'île grecque de Kalokairi. L'occasion pour elle de repenser au parcours de cette dernière, alors qu'elle-même semble être en pleine séparation…

C’était certainement la suite la plus improbable que les Studios hollywoodiens portaient à l’écran en cet été 2018. Mais il ne s’agit pas du naufrage absolu auquel on pouvait s’attendre, surtout à la vision de la bande annonce. Bien sûr le scénario reste minimaliste, surtout autour de la nouvelle inauguration de l'hôtel (contrarié par une tempête expédiée en 2 minutes) et des amours de jeunesse du personnage de Meryl Streep. Bien entendu l’incohérence est ponctuellement au rendez-vous, comme dans l’explication de la récupération de sa maison, devenu ensuite hôtel, qui change du tout au tout dans ce second volet par rapport à ce qui nous a été raconté dans le premier "Mamma Mia". Mais le fait d’avoir fait de ce numéro 2 à la fois une sequel et une prequel est plutôt une bonne idée et permet surtout de sortir du cadre de l’île grecque et de l’hôtel pour donner un peu d’air et d’équilibre au métrage.

Si le film n’évite pas une nouvelle fois l’aspect carton pâte au niveau des décors, il s’avère picturalement très lumineux par moments, comme pour mieux signifier une certaine aspiration au bonheur. Et les quelques scènes presque incongrues dans leur aspect festif (l’arrivée des bateaux, la remise des prix…) se font vite oublier au profit d’un ton au final porteur d'une certaine nostalgie, du fait des alternances entre aspirations de jeunesse et cruelles déceptions. L’effet de balancier entre les deux époques, bien distinctes, se révèle ainsi porteur d’une certaine émotion.

Mais la bonne idée du film - et c’est là une gageure -, est d’avoir fait place à des chansons moins connues du groupe Abba, mais non moins séduisantes : « One of us », « When I kiss the teacher », « Andante Adante », « The name of the game », « Knowing me knowing you »…). Elle viennent ainsi épouser la tonalité triste de nombreuses scènes, et provoquer un équilibre avec les classiques attendus tels que « I have a dream », « Waterloo », « Mamma mia » ou « Dancing Queen ». Les fans reconnaîtront aussi au passage de nombreux arrangements à la guitare d'autres chansons, en fond sonore, entre chacune des scènes chantées.

Côté mise en scène, Phyllida Lloyd s’étant retirée, on a droit à quelques efforts dans les transitions (notamment au travers d’un tableau impressionniste à Paris…) ou à de beaux parallèles dans la découverte de la maison / l'hôtel entre les deux époques (voir la scène de l’escalier…). Côté interprétation, si les jeunes acteurs (interprétant les 3 papas jeunes) n’ont pas été choisis pour leurs voix, ils ont peu de numéros musicaux et ont été finement castés au niveau physique. Les trois pères non plus, ne poussent quasiment pas la chansonnette (à l’exception de Pierce Brosnan), écartant ici d’emblée l’un des points faibles du premier long métrage (le manque de voix des interprètes principaux).

Enfin, si Meryl Streep se contente d’une apparition de 3 mn dans la dernière scène du film (et oui !), elle figure aussi dans le sympathique générique de fin, des plus festifs, où chaque acteur a droit à son moment sur « Super Trouper », les personnages âgés et jeunes formant duos, et chacun semblant s'amuser réellement. Outre la participation de Cher en grand mère indigne et prétentieuse, qui nous livre une belle interprétation de « Fernando », il faut bien avouer que Lily James et Amanda Seyfried, s'en sortent plutôt, la plupart des chansons émanant de leurs gosiers. Mais au final, c’est surtout le charme incroyable de celle qui joue Meryl Streep jeune, Lily James, que l’on retiendra. Depuis son apparition remarquée à partir de la Saison 3 de "Dowtown Abbey", jusqu’à ses récents rôles dans "Cendrillon", "Les heures sombres" ou "Baby Driver", on se demande jusqu’où son sourire et son talent la porteront.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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