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MADEMOISELLE JULIE

Un film de Liv Ullmann

Affrontement

Irlande 1890, Le soir de la Saint-Jean, dans sa grande demeure, Mademoiselle Julie, son père le Comte étant absent, tente de séduire son valet, Jean, lui-même fiancé avec la cuisinière Kathleen...

Après le Suédois Alf Sjöberg, dont le "Mademoiselle Julie" a reçu la Palme d’or à Cannes en 1951, c’est aujourd’hui l’actrice fétiche (et ex-compagne) d'Ingmar Bergman, Liv Ullman, qui porte à l’écran une adaptation de la pièce de théâtre écrite par August Strindberg en 1888. Dessinant dans un premier temps un portrait en creux d’une fille à papa désœuvrée et capricieuse, il faut un certain temps avant que l’actrice principale, Jessica Chastain (récemment récompensée à Deauville, où elle présentait le troublant "The Disapperance of Eleanor Rigby"), apparaisse à l’écran, pour entamer son duel des sens et de passion avec celui qui n’osait même pas rêver de la séduire.

Malgré une mise en scène quelque peu décevante, qui n’utilise finalement que peu l’aspect huis-clos du récit, le film développe un affrontement passionnel, abordant au passage les thèmes des différences de classes sociales et de richesse, ou l’aspect inaccessible et superficiel des élites. Loin d’atteindre les sommets d’un Ivory adptant E.M. Forster ("Chambre avec vue", "Retour à Howards End" ou "Maurice"), c’est finalement surtout à l’incapacité à communiquer entre hommes et femmes, et à l’absence d’écoute (aux résonances très contemporaines) que s’intéresse le scénario, allant jusqu’à présenter ingénieusement la pulsion amoureuse comme une potentielle maladie.

Se contentant de filmer sans passion ce qu’on peut tout de même qualifier par moments de remarquables « chorégraphies » des corps, Liv Ullman s’appuie sur un casting cependant impeccable, composé d’acteurs investis et remarquables (Chastain et Farrell), dont les joutes verbales font ressentir une certaine fièvre ambiante. On regrettera juste que l’approche du personnage de Samantha Morton en fasse, malgré ses élans de fierté, un troisième larron un rien trop en retrait.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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