Banniere_Festival_Lumiere_2020

LOST DESTINATION

Un film qui se veut éducatif

Dans la rue apparaissent des graffitis, bardés de messages propres à réveiller les consciences. Ils sont signés Liriko. Sara, adolescente frustrée, espère qu'il y a quelque chose de plus que ce monde, et ayant séché les cours, se défenestre depuis une maison inhabitée. Elle se retrouve alors projetée dans un univers souterrain...

Sortie en DVD et Blu-ray le 11 février 2013

Le principe constructif de « Verbo » est plutôt intéressant. Il jouit d'un certain suspense, construit grâce à une première partie sombre, faisant que l'on ne connaît pas le rôle réel des compagnons de route que Sara rencontre en sous-sol. Sont-ils là pour lui faire payer son geste ? Sont-ils des rivaux dans un jeu macabre ? Sont-ils là pour lui venir en aide ? C'est la seconde partir qui nous éclairera sur ce point, enchaînant alors sur une structure de jeu vidéo, basée sur trois épreuves à franchir, affichant en parallèle son message sans équivoque.

Il faut dire que le film de l'espagnol Eduardo Chapero-Jackson trempe dans toutes les cultures qui touchent aujourd'hui la jeunesse. Le jeu vidéo, avec les différents tableaux qui sont offerts ici et des personnages de combattants qui ont chacun leurs propres « pouvoirs ». Le rap, avec l'importance affichée du verbe et l'utilisation d'une bande-son recherchée. Le graffiti, avec de magnifiques créations surgissant du sol, qui envahissent les murs d'une ville sans avenir. Enfin, le film d'horreur, avec bruitages adéquats et longs couloirs dont les lumières s'éteignent progressivement.

Mais « Verbo », s'il est une réussite graphique partielle, incluant même des passages en dessin animé, rate le coche de la narration, à trop appuyer sur son message central, et à force de répétitivité. Ainsi, le côté éducatif du film semble trop insistant, enjoignant les ados à se prendre en main et à affronter le monde réel, tout en encensant le pouvoir des mots, facteur d'un espoir perdu au beau milieu d'un monde urbain sans âme. Même si on ne peut qu'être d'accord sur le fond, toute cette artificialité de la mise en scène finit par avaler le film tout entier. Et le final sous forme d'un long monologue en classe, sur la beauté et la vérité qu'il ne faut pas laisser mourir, n'aidera pas à renforcer l'adhésion à une œuvre qui manque de consistance.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire