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LA LEYENDA DEL CHUPACABRAS

Un film de Alberto Rodriguez

Une légende mexicaine peu mis en valeur

Le jeune Léo embarque à bord de la charrette qui trimballe une bande de rebelles se faisant passer pour des musiciens. Découverts, ces derniers sont enfermés dans un château en ruine pour y être ensuite exécutés. Mais une mystérieuse créature se met à tuer les soldats. Pendant ce temps, les prisonniers sont libérés par le frère de Léo…

"La leyenda del chupacabras" est un dessin animé mexicain, qui ressemble globalement à une production télévisuelle et a bien du mal à vous embarquer dans son histoire de monstre. Personnages aux gros yeux ronds et aux expressions minimales, décors aux détails peu nombreux, l’animation n’est pas des plus élaborées, mais tente tout de même de nous entraîner dans une ambiance poisseuse, au fil d’un récit qui voudrait faire peur. Graphiquement, les scènes les plus réussies seront donc celles, nocturnes, sous trombes d'eau, où les éclairs dessineront les contours des personnages en blanc.

Dans cette histoire mêlant emprisonnement, fuite via un aqueduc dans la brume, bataille au canon et histoire d'amulette permettant de contrôler les bêtes, la nature des personnages n’est pas d’une clarté évidente. On y trouve notamment une sorte de pirate enfermé avec eux, qui joue les prédicateurs, ou une sorte de fée insupportable, qui exauce les vœux du gamin (seul lui peut la voir) et se prend pour une relookeuse, fan de shopping. Et que dire des Alebrijes (statuettes de bois aux multiples couleurs que l’on trouve au Oaxaca), qui sont ici des sortes de dragons rastas, pas très harmonieux, et qui servent de caution comique en parlant comme des mafieux.

Ni vraiment orienté légende ancienne, ni réellement moderne, "La leyenda del chupacabras" nous inflige même à un moment la chanson qui résout tout… pour libérer certains personnages de lunettes ensorcelées. C’est dire à quel point la légende, parlant originellement d’une créature suceuse de sans d’animaux, a été ici détournée.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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