Parce qu'on en a jamais assez !

LEO, EN JOUANT " DANS LA COMPAGNIE DES HOMMES "

Un voyage au pays des puissants, étrange et peu convainquant dans sa forme

Leonard (Sami Bouajila), en a assez que son père adoptif (Jean-Paul Roussillon), riche financier, ne lui donne quasiment aucune responsabilité. Il va décider de prendre des initiatives pour la compagnie dont il héritera un jour, ignorant qu'il fait le jeu de l'adversaire principal de son père, et qu'il mène la famille à la ruine…

Inspiré de la pièce de théâtre d'Edward Bond, " in the company of men ", le nouveau film du trop rare Arnaud Desplechin (La sentinelle, Comment je me suis disputé…, Esther Kahn) s'éloigne un peu de la forme théâtrale, en mêlant essais de casting, extraits de répétitions, au corps du récit. Si ceci crée des changements de ton ou de rythme, le spectateur, lui ne sait trop comment les prendre, habitué qu'il est à des changements de forme, liés à des changements de points de vue ou de temporalité.

Loin du travail d'un Pacino sur Looking for Richard, " En jouant dans la compagnie des hommes " ne prétend pas retracer la genèse d'une pièce, et ne présente donc pas de redondances, permettant ainsi une avancée permanente du récit, mais esquivant du même coup l'intérêt pour le processus de création artistique. D'une facture trop théâtrale, le texte de qualité, relatant cette lutte entre père et fils, cette incompréhension des attentes de l'autres, ce passage à l'âge de responsabilité, cette affection sous-jacente, mais jamais montrée, offre à Sami Bouajila principalement, l'occasion de sortir des rôles de jeune immigré ou marginal. Une parenthèse assez étrange dans l'œuvre bavarde de Desplechin.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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