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LE CORPS SAUVAGE

Un film de Cheyenne Carron

Un raté total !

Passionné de chasse comme son grand-père, Diane, 25 ans, décide de s’installer avec lui afin de communier à nouveau avec la nature. Dans ce village aux abords d’une forêt, elle peut traquer les animaux à l’arc et vivre en adéquation avec ses valeurs. Mais des voix dissonantes commencent à se faire entendre…

Cheyenne Carron est une cinéaste à part dans l’industrie cinématographique hexagonale. Autofinançant en grande partie ses projets, elle a notamment lancé sa gamme de parfums afin de faciliter la réalisation de ses futures productions. Après s’être intéressé à de nombreuses reprises à la question religieuse ("L’Apôtre" par exemple), l’autodidacte a cette fois décidé de se focaliser sur un autre sujet polémique : la chasse. L’histoire est celle de Diane, chasseresse à l’arc, retournant vivre chez son grand-père afin de pouvoir à nouveau communier avec la nature. Dès les premiers instants, la caméra capture la jeune femme dans un symbolisme assumé, ne cherchant en aucun cas à estomper les ressemblances avec la déesse grecque. Et à l’image de cette métaphore bien trop appuyée, tout le film ne sera qu’une interminable succession de clichés et de discussions frôlant le ridicule.

Alternant les messages pro-chasse avec des discussions énumérant les différences entre les gentils, ceux qui font ça par amour de la faune, et les méchants, qui tuent juste pour le plaisir, le métrage est d’une vacuité sidérante. Complètement aveuglé par son parti-pris, "Le Corps sauvage" se transforme en un très long plaidoyer pour un retour à un état plus sauvage où le fruit de nos assiettes devrait être celui d’une traque ou d’une cueillette. S’il est toujours louable de voir un metteur en scène assumer une position à travers son art, il est ici regrettable que toute la dimension cinématographique et narrative soit réduite à des séquences redondantes où un manichéisme enfantin vient polluer la moindre réplique.

Évidemment, pour multiplier les lapalissades et les discours robotisés, les personnages ont la bonne idée de prôner un mode de vie éloigné de la société de consommation tout en s’habillant en Levi’s…Et comme si le résultat n’était pas déjà suffisamment consternant, un triangle amoureux anecdotique vient s’ajouter à une intrigue soporifique où les seuls rebondissements ont pour but d’engager une nouvelle leçon en quatre parties, deux sous-paragraphes, sur pourquoi on devrait tous aller prendre un fusil et aller buter du bon cerf. Désolant et embarrassant !

Christophe BrangeEnvoyer un message au rédacteur

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