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LE 15H17 POUR PARIS

Un film de Clint Eastwood

Trop tôt ou trop peu

Le 21 août 2015, trois américains en voyage en Europe réussissent à immobiliser un terroriste dans le Thalys qui relie Bruxelles à Paris. Un acte d’héroïsme salué par tous les pays occidentaux…

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Le nouveau Clint Eastwood est un ratage complet. À partir d'un événement qui a pourtant attiré l'attention de l'ensemble du monde occidental, nouvel attentat islamiste en Europe déjoué par trois jeunes américains ayant su faire preuve de courage, le maître ne réussit qu'à faire un film pompeux, manichéen, qui en ne s'intéressant qu'aux héros et à leur (bien court) passé, diminue à la fois la bravoure et le danger derrière l'événement.

Passant très vite de quelques plans d'hommes montant dans un train, filmés à hauteur de jambes, à une navrante scène entre deux mères et une professeur leur faisant des remontrances, le film va s'engluer rapidement dans de longs flash-backs amenant progressivement le voyage en Europe, et donc l'attaque terroriste. A ce déséquilibre forcé, puisque l'attaque avortée ne dure que quelques minutes, au milieu d'un film d'une heure trente, il faut ajouter le choix calamiteux consistant à prendre pour acteurs... les réels protagonistes de l'histoire.

Au lieu de faire un documentaire, Eastwood prend donc des acteurs pour jouer les mamans et les trois gars enfants, avant de dérouler leurs passés respectifs, ou surtout celui d'un des trois, sensé représenter courage et persévérance. Malheureusement, le ridicule et le schématique pointent régulièrement leur nez, au travers de dialogues affligeants, depuis l'altercation des mères avec la prof qui oppose mépris des mères célibataires et puissance de Dieu, jusqu'à la demande de prière à un blessé agonisant, en passant par la scène du stylo (un grand moment d'inutilité). Rajoutez à cela des passages touristiques sans intérêt, ci ce n'est pour créer un faux suspense autour de l'étape parisienne, l'oublie quasi total du passé du personnage noir américain, et le ralenti visant à faire durer un peu plus l'attaque elle-même, et vous aurez une idée du naufrage. Peut-être parfois vaut-il mieux attendre un peu avant de jeter un regard sur un événement passé important. Reste juste, au final, le charisme de celui des trois héros qui parle le moins (Alek Skarlatos). Difficile de se contenter de cela.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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