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Clint Eastwood

Interprète - Réalisateur

Génie canonisé du cinéma américain, icône des héros policiers et cow-boys mystiques, décrié par certains, adulé par d’autres, Clint Eastwood est l’une des figures les plus emblématiques du cinéma américain, à la fois en tant qu’acteur que réalisateur. Élu « plus bel homme du monde », Clint Eastwood a aujourd’hui quitté les magazines féminins pour devenir un de ces maîtres du cinéma qu’on ose peu ou plus critiquer sur le plan artistique.

Clint Eastwood est né le 31 Mai 1930 à San Francisco, dans une famille particulièrement touchée par la Grande Crise de l’époque. Transporté de ville en ville au fil des emplois trouvés par son père Clinton Sénior, véritable maître de la débrouille, Clint apprend très tôt la difficulté de la vie. Sans ami, sa sœur pour seule compagne de jeux, d’écoles en écoles, il va d’abord s’illustrer dans le basket-ball. A 17 ans, à la recherche de nouveaux amis et par un hasard qui se transformera rapidement en destin, Clinton Junior décide de prendre des cours d’art dramatique à la High School d’Oakland. Ne s’éprenant pas particulièrement pour la discipline, il préfère multiplier les petits boulots tout en jouant du jazz dans des clubs et cabarets pour quelques sous. Puis, avant même d’avoir l’âge de partir à l’armée, Clint s’engage mais, rapidement, l’art dramatique va le rattraper. En effet, il se lie d’une amitié très forte avec ses trois compagnons de chambrée, tous trois comédiens. Remarqué par un assistant réalisateur, en raison de sa grande taille, qui lui propose de venir à l'occasion visiter les studios Universal, Clint décide de partir pour Los Angeles au retour de son service militaire. Malheureusement, son contact ne travaille plus pour ces studios ; peu importe, il décide de persévérer, opération qui s’avérera gagnante. Très vite, il décroche un contrat d’acteur, enchaînant ainsi les rôles de figurants dans les projets du studio.

Se faisant les dents dans ces petits rôles, il obtient enfin la consécration avec la série « Rawhide », 217 épisodes qui l’imposent définitivement dans le cœur des Américains. Devenu le gendre idéal, sympathique cowboy, Clint se voit propulsé en tête d’affiche du western « Pour une poignée de dollars » d’un inconnu, Sergio Leone. Pari risqué, sabotage de carrière pour d’autres, ce choix s’avéra être un coup de génie, la collaboration avec le metteur en scène donnant lieu à une trilogie, la plus emblématique des westerns, point de départ de la légende Eastwood. Rapidement, Clint va décider de passer derrière la caméra et c’est précisément sur ce point que nous allons désormais nous focaliser. Obsessionnel, travailleur acharné, Clint a toujours ressenti le besoin de tout contrôler, d’être le seul maître à bord. C’est pourquoi, en 1972, il réalise son premier long, « Un frisson dans la nuit », thriller efficace, et fonde sa société de production Malpaso dans la foulée. Dorénavant, Clint n’est plus un simple acteur, il s’implique plus que nécessaire dans tous ses projets, imposant son point de vue, qu’il soit producteur ou réalisateur du film en question.
Développant une profonde amitié avec le réalisateur Don Siegel, l’un des seuls pour qui Clint accepte de se faire diriger sans rechigner à la tâche, il délaissera progressivement sa carrière d’acteur pour celle de réalisateur, ne jouant quasiment plus que dans ses propres films, son obsession du détail en étant la principale raison. Les réalisations s’accumulent, les succès aussi, et les chefs d’œuvre restent. En effet, aujourd’hui au Panthéon du 7ème Art, Clint comprend certains des plus beaux films américains à son actif, comme « Sur la route de Madison », romance magnifique d’une passion charnelle concentrée sur trois jours (1995) ou encore « Impitoyable », renouveau du western (1992). Récompensé plusieurs fois par la cérémonie des Oscars, notamment pour « Mystic River » (2003) et « Million Dollar Baby » (2005), il fut cependant l’un des grands oubliés de nombreuses cérémonies, une partie des professionnels s’obstinant à l’ignorer. Pour beaucoup, Dirty Harry s’est transformé en Dirty Clint, passant de l’acteur-réalisateur gentillet, gendre idéal à celui de personnage sévère, réac, obsessionnel à outrance qu’on aimera autant détester qu’on adule ses films. Réalisateur prolifique, Clint n’a jamais voulu s’enfermer dans une case, ce qu'il a fait en tant qu’acteur. C’est pourquoi, il s’attaqua à de nombreux genres, de la romance au film de guerre en passant par le film fantastique, avec toutefois des thèmes récurrents : l’image paternaliste, les valeurs patriotiques (courage, sens du devoir, loyauté), les relations familiales, le mensonge (et la distorsion de la réalité par les apparences), la dualité existentielle entre le bien et le mal…

Malheureusement, comme toute épopée romanesque, la fin se doit d’être dramatique et l'on ressent aujourd’hui un essoufflement dans son cinéma. Ces derniers longs-métrages ne sont plus à la hauteur du cinéaste qu’il a été, son style épuré et son classicisme étant devenus de la facilité et du consensualisme. Le roi déchu ne semble plus capable de regagner son royaume, et ce n’est certainement pas son prochain projet qui permettra de renverser la tendance (une comédie musicale avec Beyoncé, remake de « A Star is Born ») alors même qu’il vient d’accepter de participer à une télé-réalité. La déception est de rigueur mais il n’en reste pas moins l’une des filmographies les plus intéressantes, titillant les étoiles lorsqu’elle fut à son apogée. Le petit garçon débrouillard en quête de reconnaissance a su se faire un nom ; éternel voyageur, Clint Eastwood a désormais trouvé sa place au sein de toute vidéothèque qui se respecte…

Le saviez-vous ?

Grand passionné de jazz, il a créé son propre label de musique, distributeur de toutes les bandes originales de ses films depuis 1995. Clint a également composé la musique de huit albums, dont six constituent les BO de ses films.

Filmographie sélective

réalisateur

2012 : J. Edgar
2011 : Au-delà
2010 : Invictus
2009 : Gran Torino
2008 : L’Echange
2007 : Lettres d’Iwo Jima
2006 : Mémoires de nos pères
2005 : Million Dollar Baby
2003 : Mystic River
1995 : Sur la route de Madison
1993 : Un monde parfait
1992 : Impitoyable
1988 : Bird
1983 : Honkytonk Man
1980 : Bronco Billy
1972 : Un frisson dans la nuit

acteur

2009 : Gran Torino
2005 : Million Dollar baby
2002 : Créance de sang
1995 : Sur la route de Madison
1989 : La dernière cible, de Buddy van Horn
1985 : Pale Rider, le cavalier solitaire
1984 : Le Retour de l’Inspecteur Harry
1979 : L’évadé d’Alcatraz, de Don Siegel
1974 : Magnum Force, de Ted Post
1972 : L’homme des hautes plaines
1968 : Un Shérif à New York, de Don Siegel
1968 : Le bon, la brute et le truand, de Sergio Leone
1966 : Et pour quelques dollars de plus, de Sergio Leone
1966 : Pour une poignée de dollars, de Sergio Leone

Olivier Bachelard Envoyer un message au rédacteur

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