Bannière Reflets cinéma ibérique et latino américain 2020

L.I.E.

Un film de Michael Cuesta

De la respectabilité du monstre

Howie (Paul Franklin Dano), 15 ans, n'a que son père comme repère. Et celui-ci, souvent absent, est un entrepreneur véreux et irresponsable. Howie, s'intéresse alors quelque peu à Gary (Billy Kay), qui le trouble par sa nature érotique et sa beauté. C'est alors qu'il fait la rencontre de Big John (Brian Cox), quinquagénaire louche…

D'un récit quasiment devenu banal sur un adolescent qui se cherche, Michael Cuesta ose faire un film subversif sur la pédophilie, ou l'amour des jeunes garçons. Son propos est d'autant plus ambiguë, qu'après nous avoir présenté les prémisses d'une relation entre jeunes adolescents et le trouble qui accompagne les premiers émois, il fait prendre à son film une toute autre direction.

Peu à peu, par l'introduction de ce notable local respecté qu'est Brian Cox, il nous amène, comme le garçon, à rentrer dans la tanière du monstre, sans trop savoir ce qui se trame derrière des invitations en apparence bénignes. Et c'est là où le doute s'installe. Qu'attend cet homme de l'adolescent ? Les indices sont nombreux, mais plutôt que de s'attarder sur le graveleux, Michael Cuesta se concentre sur la souffrance de ce monstre commun, en montrant ses dilemmes, et son désir de voir sa vie privée aussi légitime que sa vie publique. Un film fortement dérangeant, à découvrir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

Laisser un commentaire