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JE VAIS TE MANQUER

Un film de Amanda Sthers

POUR: Niveau +2 - Des thèmes classiques mais toujours réalistes, qui touchent tout le monde

Six destinées qui vont, l'espace d'un instant, dans un aéroport grouillant de vie, se bousculer, se séparer et se retrouver. Et si ses personnages étaient en train de vivre, sans le savoir, le moment le plus important de leur vie. Olivier et Lila... Va-t-il rater l'amour ou va-t-elle rater l'avion ? Julia et Marcel... Va-t-elle rater sa mort ou va-t-il rater sa vie ? Fanny et Max... Va-t-elle manquer de courage ou va-t-il manquer de chance ?

“Je vais te manquer” est le premier film d’Amanda Sthers, écrivaine, scénariste et auteur de pièces de théâtre. Elle décide pour ses premiers pas au cinéma de rassembler plusieurs fragments de vies diverses dans un film « familial ». Les personnages sont très attachants, joués par de grands acteurs français, notamment Carole Bouquet, Pierre Arditi mais aussi Anne Marivin, Patrick Mile, Ariane Séguillon, Mélanie Page, Monique Chomette, Mélanie Thierry, Cécile Cassel et Fred Testot qui ajoute une petite touche burlesque au film.

Julia, interprétée par Carole Bouquet, se rend dans un aéroport pour une destination finale afin d’éviter un traitement supplémentaire contre un nouveau cancer. Ses deux filles, Cécile Cassel et Mélanie Thierry, apprennent après avoir accompagné leur mère à l’aéroport qu’elles ne la reverront plus jamais. Elles renouent alors les liens de sœurs qu’elles avaient brisés. A l’aéroport, Julia rencontre Marcel Hanri , un écrivain grincheux en manque d’inspiration, joué par Pierre Arditi.

En partageant un simple café, ils s’échangent leur vies, matériellement parlant puisqu’il lui offre son journal intime et elle devient la muse de l’écrivain. Dans cet aéroport se sont aussi donné rendez-vous deux amours de jeunesse qui se sont retrouvés par internet, Fanny et Max, joués respectivement par Monique Chomette et Michaël Lonsdale. Et puis dans cet aéroport enchanté se trouve aussi Lila, Anne Marivin, la princesse aux cheveux blonds qui cherche dans tout l’aéroport Olivier (Patrick Mille), son prince charmant, ce dernier ayant amené sa fille prendre un avion. C’est d’ailleurs dans le petit sac à dos de l’enfant que va finir le journal intime de l’écrivain, un don du ciel pour le père, critique littéraire qui n‘arrivait pas à parler avec Marcel Hanri.

Le rythme est un peu précipité, les séquences presque trop courtes mais peut-être cela rappelle-t-il le tourbillon de la vie qui aspire un grand nombre de petits habitants de notre chère planète. Le passé y est évoqué avec la mort de l’épouse de Max, le présent avec la soif de vie que l’on retrouve dans certains personnages, le futur avec l’enfant qui va naître. Mais ce récit aux trois temps traite aussi de la vie et la mort, l’amour, la vieillesse, le temps qui passe et repasse. Des thèmes classiques mais toujours réalistes, qui touchent tout le monde. Un film familial plutôt léger, presque déjà-vu, mais assez attachant sentimentalement parlant.

Léa Bingöllü
Lycée St Exupéry

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CONTRE: Incessantes caricatures

Le film choral est décidément à la mode. La multitude des destins qui se croisent est toujours un bon prétexte pour dépeindre toutes les facettes possibles d’une société pittoresque à souhait : le père célibataire prince charmant, la femme malade qui fait le point sur sa vie, l’écrivain odieux en manque d’inspiration, les sœurs fâchées, l’une mariée et mère, l’autre perdue et droguée, et ce n’est que le début d’une longue liste…

Le problème est qu’à vouloir tout dire, on finit par ne rien voir d’autre que des caricatures ou des ébauches de portraits. Et ce qui irrite le plus, c’est la volonté constante de vouloir faire chialer le spectateur en faisant justement pleurer tous les personnages ou en allant inexorablement vers la réplique fleur bleue qu’on espère jusqu’au bout ne pas entendre…

A vouloir être trop humain et sentimental, le film devient fade et s’enlise dans une succession de numéros d’acteurs plus ou moins réussis. On retiendra néanmoins quelques prestations croustillantes et bien senties, comme Pierre Arditi, Patrick Mille ou encore… non, en fait c’est tout, et donc ça ne suffit pas, même pour une heure et demi de film. Ainsi, ce qui va vous manquer après avoir vu le film, ce n’est justement pas le film, mais les sept euros que vous aurez dépensé pour ce film dispensable.

Rémi GeoffroyEnvoyer un message au rédacteur

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