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JE NE SUIS PAS LA POUR ETRE AIME

Un film de Stéphane Brizé

Un film magnifique de sensibilité, porté par un Patrick Chesnais en grande forme

Un huissier de justice, la cinquantaine, divorcé, décide de prendre des cours de tango, dans une école située en face de son étude. Il y fait la connaissance d’une jeune femme qui est sur le point de se marier…

Six ans après « Le bleu des villes », son premier film, Stéphane Brizé revient avec un nouveau portrait d’un être à priori mal aimé de par sa profession (un huissier ici, après une pervenche). Patrick Chesnais donne corps et raideur initiale à cet homme, la cinquantaine fatiguée, confronté à des problèmes de communication avec son père (George Wilson, formidable) hargneux pensionnaire d’une maison de retraite, comme avec son fils, timide et frêle, à la vocation contrariée. Sa capacité à ressentir et exprimer à nouveau des sentiments est au cœur de ce film à la lenteur élégante, laissant pointer de grands moments d’émotion, souvent liés à l’incompréhension des autres (d’une mère qui ne rêve que de mariage et qui ne voit pas qu’un plan de table symbolise une prison à venir, ou d’un rival qui souhaite se venger de n’avoir pas été choisi).

Filmant ses deux personnages principaux au plus près, visages en gros plans, Stéphane Brizé donne à voir toutes les nuances d’un désir naissant, fragile et sourd. Sur fond de tango, les regards et les corps se croisent, impliquant des choix de vie décisifs et parfois douloureux. Ces douleurs et espoirs sous tendent ce film magnifique, à la distribution impeccable, et qui pourrait bien, vu l’engouement qu’il suscite lors des projections, se retrouver l’an prochain… aux Césars.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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