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INNOCENTS

L'éducation sentimentale par Bertolucci

Un étudiant américain (Michael Pitt) fait la rencontre de deux fanatiques de cinéma. Un frère (Louis Garrel) et une sœur (Eva Green) dont les liens troubles le gênent et le fascine à la fois. Alors que les évènements de mai 68 envahissent la rue, ce trio se partage un appartement déserté par les parents…

Ne vous attendez pas à voir un film traitant de mai 68. Le nouveau Bertolucci, que l'on n'avait pas vu depuis Beauté Volée, n'est ni un film historique, ni un film engagé. La majeure partie de l'action se déroule en vase clos, à l'intérieur d'un appartement bourgeois qui contraste avec les quelques idées révolutionnaires, assez rares à vrai dire, des deux français qui y vivent. Leur rébellion est plus ici envers des parents castrateurs qu'envers une société qu'ils réprouvent.

Entre les deux, le naïf américain, interprété brillamment par Michael Pitt, se laisse aller à découvrir sa sexualité, et s'inquiète de celle des deux autres. L'esthétique du nu est assez troublante, et le spectateur, complice des jeux libertins et inconscients de ces post - adolescents, qui vivent comme dans de films et qui les intègrent dans leur quotidien, n'éprouve jamais de gêne. Les extraits appuyés, comparant films anciens et jeux des acteurs sont rapidement pesantes. Heureusement il y a la magnifique et sémillante Eva Green, pulpeuse et évanescente, véritable révélation, que l'on devrait revoir rapidement.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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