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L'ILE

Un film de
Avec

Une lente expiation

Présenté en clôture du Festival de Venise 2006, « L'île » aura mis près d'un an et demi à trouver le chemin des salles françaises. Peut-être parce que le sujet semble au premier abord particulièrement austère, puisque la majeure partie de l'intrigue se déroule sur une île du nord de la Russie, entre un monastère et sa chaufferie, reliés par des pontons enjambant quelques rochers ainsi que les restes d'une cargaison de charbon. Difficile en effet, de se passionner au premier abord, pour l'histoire d'un moine, qui entre deux séries de coups de pioches et transport du combustible en brouette, reçoit divers visiteurs, souvent malades, à qui il prodigue conseils, n'hésitant pas au passage à mentir en faisant semblant d'impliquer les autres membres de la confrérie dans ce qui semble n'être que les divagations d'un vieil homme.

Mais au travers de ce touchant portrait d'un apparent lâche, c'est avant tout à une réflexion sur la foi et la possibilité du pardon, que nous invite Pavel Lounguine (« La noce », « Un nouveau russe »). Suivant les délires contrôlés de son personnage principal, il en montre l'isolement volontaire et le châtiment quotidien, mais n'évite pas certains écueils lors de scènes d'auto-flagellation verbale ou d'une fin trop appuyée, flirtant avec un inutile mysticisme. Au final, c'est grâce à la cohérence esthétique du film, que les plus à même de croire au pardon et à la sainteté de l'homme, se laisseront convaincre par cette lente expiation. Plongeant le spectateur dans un univers enneigé, amas permanent et superbe de noir, gris et blancs, Lounguine nous offre quelques plans superbes de la mer blanche, qui restent longtemps imprimés sur la rétine.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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