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I PREDATORI

Un film de Pietro Castellitto

Drôle de réalisme

Rome est une ville bien étrange, surtout quand les Pavone et les Vismara, que tout sépare, se retrouvent unis par les circonstances les plus improbables de la vie. Un petit grain de sable dans la machine peut faire tout dérailler et révéler des natures cachées, au bord de la crise de nerfs…

I Predatori The Predators film

Peut-on faire du pulp avec des gens riches ? Cette question pourrait être une porte d’entrée dans le premier long-métrage de Pietro Castellitto. Dès l’ouverture, quelque chose, dans ce paysage réaliste est de l’ordre d’un certain surnaturel, dans le sens d’excès de réalité, et c’est effectivement la vie, dans ce qu’elle a de plus étrange, mais de possiblement véridique, qui va servir de matière à la fiction qui va se dérouler sous nos yeux.

Proche du type, mais le débordant sans cesse, les personnages de cette chronique un peu loufoque, sont tous très touchants par les fêlures qu’ils peinent à cacher : une réalisatrice qui perd les pédales, un jeune philosophe qui se fait éjecter de son projet, un chirurgien qui manque d’écraser une vieille dame, et de l’autre côté, une vielle dame qui se fait arnaquer chez elle, un fils légèrement criminel qui tente d’être un bon mari comme un bon père sous ses airs de dur à cuire, et enfin un fils, qui, du haut de ses douze ans, a un certain penchant pour les armes.

La trame narrative de ce récit est fracturée entre différentes trajectoires individuelles. Les personnages avancent chacun dans leurs ornières jusqu’à ce qu’au détour d’un chemin, les routes de l’un, puis l’autre, se rencontrent peut-être juste pour se croiser, en arrière-plan, de façon indirecte, ou de façon beaucoup plus frontale. Ce film est une comédie noire loufoque, irrévérencieuse, et ironique sur la société intellectuelle qu’elle dépeint. Une jolie réussite, qui emprunte sa structure à "Pulp Fiction" et sa forme à Wes Anderson. Un premier film à voir.

Thomas ChapelleEnvoyer un message au rédacteur

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